Le président du MEDEF, Patrick Martin, a lancé un appel offensif aux candidats à la présidentielle lors du discours inaugural de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) 2026, le 26 août à Paris. Il a exhorté les dirigeants à « faire voler en éclats le carcan qui étouffe le pays », dénonçant la « médiocrité de nos performances économiques et sociales » et le « déclassement progressif » de la France. Cette 8e édition, qui se tient jusqu'à demain soir à Roland-Garros, a choisi le courage comme fil rouge, à moins d'un an des élections présidentielles.
Un discours de combat contre l'étatisme et les contrevérités
Patrick Martin a martelé que « si l'étatisme était la solution, nous serions champions du monde », appelant à un « programme présidentiel de libertés, au pluriel ». Citant Georges Clemenceau, il a insisté : « Il faut savoir ce que l'on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire. » La REF, qualifiée de « moment de vérité », doit servir de plateforme pour des décisions claires et des actions fortes, loin de l'entre-soi.
Le patron des patrons a critiqué les « contrevérités » qui polluent le débat public, notamment la stigmatisation des entreprises « gavées d'aides ». Il a rappelé qu'il s'agit souvent de compensations partielles pour des politiques publiques mal pensées, comme le passage aux 35 heures. Il a également rejeté l'idée que la France soit « le temple des inégalités », affirmant qu'elle est « l'une des pays les plus égalitaires du monde » et que « fantasmer sur la taxe Zucman ne réglera rien à son déclassement ». Il a ironisé sur « la 38e loi de simplification » et « la 20e version de Ma Prime Rénov en moins de trois ans ».
Un constat alarmant sur le moral des dirigeants
Patrick Martin a souligné la profonde inquiétude du patronat face au « statu quo bancal », s'appuyant sur une consultation MEDEF-OpinionWay ayant recueilli 66 000 réponses. Selon cette consultation, 82 % des dirigeants se déclarent pessimistes quant aux effets de la politique économique du prochain président sur leur entreprise. Seuls 59 % conseilleraient à un jeune entrepreneur de créer une entreprise en France, et 39 % lui recommanderaient de le faire à l'étranger plutôt qu'en France (20 %).
Sur le plan budgétaire, le président du MEDEF a insisté sur le fait que le redressement des comptes publics est « un préalable à la souveraineté nationale », passant par une réduction de la dépense publique plutôt qu'une hausse de la fiscalité. Il a exhorté les candidats à choisir entre la croissance et la décroissance, et à cesser de considérer les entrepreneurs comme des « variables d'ajustement ».
Un appel à l'audace et au progrès
Patrick Martin a conclu son intervention sur une note volontariste : « Les entrepreneurs n'hésiteront jamais entre le courage et la mort lente. Entre l'audace et la résignation. Entre le progrès et le repli. Pour nous, ce sera toujours le progrès, le courage et la grandeur. » Cette REF 2026, qui se tient jusqu'à demain soir, doit servir de plateforme pour lancer un appel à des décisions claires, à moins d'un an des échéances présidentielles. La délégation du MEDEF Sud s'est déplacée en nombre à l'événement, témoignant de la mobilisation du patronat.



