Patrick Martin : « Arrêter les propositions qui stressent nos créanciers »
Patrick Martin : « Arrêter les propositions qui stressent nos créanciers »

À l'approche de la présidentielle, le président du Medef, Patrick Martin, a lancé un appel aux candidats : cesser les propositions « irresponsables » qui stressent les créanciers de la France, alors qu'il réunit ce jeudi 17 septembre à Bandol les présidents de Medef territoriaux pour « bien organiser notre parole, dans la campagne présidentielle ». Dans une interview accordée à La Provence, il détaille ses priorités, de la TVA à l'emploi des jeunes.

Carburant : un coût d'un million d'euros pour son entreprise

Interrogé sur la flambée des prix du carburant, Patrick Martin a indiqué que l'augmentation du coût du carburant va coûter un million d'euros de plus cette année à sa propre entreprise. Il a souligné que certains secteurs sont plus particulièrement touchés, citant la chimie et le bâtiment.

« Ce qui me frappe, ce sont les idées qui circulent, portées par les mêmes qui n'ont rien fait jusque-là pour que les finances publiques se redressent et jettent de l'huile sur le feu », a-t-il ajouté. Il a dénoncé les propositions de suppression de la TVA, qui peuvent sembler « très tentantes », mais qui sont incohérentes en France, contrairement à d'autres pays qui ont des finances publiques « qui le leur permettent ».

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Une « irresponsabilité totale » de certains politiques

Le président du Medef a particulièrement critiqué les responsables politiques qui ont exigé la suspension de la réforme des retraites, représentant « 6 milliards de dépenses publiques supplémentaires », ou qui proposent d'augmenter le coût du travail pour les entreprises tout en demandant une baisse des taxes et une hausse des salaires. Il a appelé à « arrêter, à des fins électorales, pour ne pas dire électoralistes, de mettre dans le paysage des propositions qui stressent nos créanciers ».

Il a évoqué l'annulation de la dette et un « nouveau détricotage des régimes de retraite », qui pèsent sur l'image et la crédibilité de la France avant même l'élection. Selon lui, les mêmes qui prétendent vouloir redonner du pouvoir d'achat « prélèvent du pouvoir d'achat » en faisant ces annonces « d'une irresponsabilité totale ».

Une hausse de la TVA de 2,3 % proposée

Pour financer le système social, le Medef propose une augmentation de 2,3 % sur le taux normal de TVA, ce qui mettrait la France dans la moyenne européenne, sans toucher au taux réduit. Patrick Martin a rappelé que 6 milliards d'euros ont été prélevés sur les entreprises en rabotant les allègements de charges, et qu'ils ne sont « par définition plus disponibles pour augmenter les salaires ».

« Nous, on est très soucieux de préserver la protection sociale française », a-t-il affirmé, tout en soulignant que le poids actuel sur les entreprises pénalise la compétitivité, comme en témoignent la dégradation de la balance commerciale et la baisse de l'investissement.

L'emploi des jeunes, « sujet numéro 1 de la France »

Patrick Martin a également évoqué son livre « Génération empêchée », qui sort ce jeudi 17 septembre, sur la difficulté des jeunes à trouver un emploi. Il a rappelé que le taux d'emploi des jeunes en France est de 35 %, contre 51 % en Allemagne et 75 % aux Pays-Bas, un « scandale français » qu'il dénonce depuis plus de deux ans.

Il a appelé à « remettre à plat le système d'orientation » et à rapprocher « beaucoup plus l'enseignement et l'entreprise », comme l'ont fait les pays qui réussissent sur l'emploi des jeunes. « Nous, on va faire bouger les lignes, ça peut paraître surprenant de la part du Medef, mais on est totalement convaincus que c'est le sujet numéro 1 de la France », a-t-il conclu.

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