Patrick Martin au Medef à Nice : alerte sur l'économie et le chômage des jeunes
Patrick Martin : alerte sur l'économie et le chômage des jeunes

En déplacement à Nice ce jeudi à l'occasion du congrès du Centre des jeunes dirigeants (CJD), le président du Medef, Patrick Martin, a livré un diagnostic sévère de la conjoncture économique française. Il a notamment insisté sur la nécessité pour les entreprises de se faire entendre davantage dans le débat public, alors que le moral des chefs d'entreprise s'est fortement dégradé depuis trois mois.

Un appel à la mobilisation patronale

« Le premier message est celui du collectif patronal. On est dans une période où il faut que les entreprises se fassent plus et mieux entendre, et fassent mieux valoir leurs contributions essentielles à la bonne marche du pays », a déclaré Patrick Martin. Il a souligné l'importance de la jeunesse, qu'il a érigée en priorité pour le Medef, et salué l'apport des jeunes dirigeants du CJD, qui incarnent la relève et apportent un regard neuf sur l'économie.

Revalorisation du SMIC et coût du travail

Interrogé sur la revalorisation du SMIC de 2,4 % au 1er juin, le président du Medef a rappelé que si cette mesure est positive pour les salariés, elle se traduit par un renchérissement du coût du travail pour les entreprises. Il a dénoncé le « quatrième coup de rabot aux allègements de charges » décidé par le gouvernement, qui représente 2,2 milliards d'euros de coûts supplémentaires. « On tire le signal d'alarme », a-t-il prévenu, évoquant un risque pour la survie de certaines entreprises, notamment dans les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre comme la propreté, la restauration ou l'aide à la personne, où les coûts salariaux atteignent 70 % du chiffre d'affaires.

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Un moral en berne et des faillites en hausse

« Le moral des troupes s'est considérablement détérioré depuis 3 mois maintenant. Il y a eu 19 000 faillites sur le premier trimestre », a indiqué Patrick Martin, décrivant un panorama économique contrasté mais « avec une dominante de noir ». Certains secteurs comme l'énergie, la défense ou le digital affichent de belles perspectives, tandis que l'automobile, la chimie et la mécanique sont lourdement impactés.

Crise du logement et difficultés de recrutement

Dans les Alpes-Maritimes, le coût du logement freine le recrutement. Patrick Martin a dénoncé une politique du logement « très dangereuse », marquée par un empilement de normes instables et une fiscalité immobilière excessive. Il a rappelé que le Medef préside Action Logement, première foncière d'Europe avec 1,2 million de logements, qui a construit 40 000 logements sociaux et intermédiaires en 2025. « Quand on nous fait confiance, ça marche », a-t-il affirmé.

Regard sur la présidentielle

Alors que Jordan Bardella courtise le patronat, Patrick Martin s'est montré prudent : « Tous les candidats se disent pro-entreprise. Nous regardons avec beaucoup d'intérêt, mais aussi avec une forme de suspicion. » Il a rappelé que le Medef ne fait pas de politique, mais que les entreprises ne peuvent se désintéresser d'une élection déterminante, dans un pays où les dépenses publiques représentent 57 % du PIB. « On considère que les politiques ne comprennent pas suffisamment l'entreprise et la concurrence internationale », a-t-il ajouté.

Des propositions pour l'emploi des jeunes

En vue des échéances électorales, le Medef a lancé une grande consultation auprès des entreprises. Patrick Martin a particulièrement insisté sur le chômage des jeunes, qui atteint 21 % en France, soit deux fois la moyenne européenne. « 1,5 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études. C'est un scandale national », a-t-il déploré. Le Medef a formulé 14 propositions sur l'orientation pour éviter aux jeunes des formations sans débouchés.

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