L'avenir du papier en France s'assombrit, mais une lueur d'espoir subsiste pour le site de Saint-Gaudens. Lundi, le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté l'offre de reprise du financier Matthieu Pigasse pour le groupe Fibre Excellence, premier producteur français de pâte à papier, placé en redressement judiciaire fin avril. Le tribunal a jugé que les conditions suspensives de l'offre n'étaient pas levées, la rendant irrecevable.
Me Christophe Clerc, avocat du comité social et économique (CSE) de Fibre Excellence, a déclaré à la sortie de l'audience : Les conditions suspensives n'étant pas levées, l'offre est irrecevable.
Il n'a pas révélé l'identité du chef d'entreprise qui a déposé une lettre d'intention pour la reprise du site de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, excluant celui de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône.
Une liquidation partielle requise pour Tarascon
La procureure a requis une liquidation partielle concernant le site de Tarascon, qui emploie 270 personnes. Cette requête est conditionnée au dépôt, par l'industriel intéressé, d'une garantie de deux millions d'euros d'ici mercredi. Si cette caution est versée, le tribunal accorderait un sursis jusqu'à fin août pour présenter une offre de reprise complète pour Saint-Gaudens, tandis que Tarascon serait liquidé.
Sébastien Oustric, représentant CGT des salariés de Saint-Gaudens, a précisé : On prononcerait la liquidation de tous les sites, sauf pour Saint-Gaudens, qui a un sursis si les conditions sont réunies. Il y a un nouvel industriel qui a fait une lettre d'intention qui donne une caution de deux millions d'euros pour gagner du temps. Mais rien n'est fait.
L'actionnaire indonésien jette l'éponge
Matthieu Pigasse s'était porté candidat à la reprise des deux usines, avec l'ambition de conserver les 670 salariés du groupe. Son offre était conditionnée à un effort de l'État sur trois sujets : le coût de l'électricité, l'approvisionnement en bois ONF et les quotas carbone
, ce que le gouvernement n'a pas accordé. Fibre Excellence, détenue par l'Indonésien Jackson Wijaya, a vu ce dernier abandonner le navire au printemps après avoir injecté près de 300 millions d'euros, jugeant l'entreprise non rentable et refusant d'investir davantage.
Des cadres dirigeants ont également tenté de monter une offre de reprise, sans succès. Face à la menace de liquidation, des salariés occupent depuis lundi le site de Saint-Gaudens, une zone où l'emploi est rare, et depuis jeudi celui de Tarascon, selon la CGT. Le tribunal rendra sa décision définitive mercredi, après examen de la caution.



