Richard Spinosa, nouveau Monsieur Emploi des Alpes-Maritimes, dévoile sa feuille de route
Nouveau Monsieur Emploi des Alpes-Maritimes : sa feuille de route

Richard Spinosa est le nouveau directeur départemental de France Travail dans les Alpes-Maritimes. Arrivé en mars, il succède à Ghislaine Ellena, partie à la retraite. Originaire des Alpes-de-Haute-Provence, il a fait toute sa carrière au sein de l'opérateur public pour l'emploi en région Sud. Il a débuté comme responsable d'équipe dans le Var, avant de diriger plusieurs agences dans le golfe de Saint-Tropez, Hyères et La Valette, travaillant notamment avec les secteurs de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Parallèlement, il s'est engagé dans la vie publique du Cannet-des-Maures en tant qu'adjoint au maire pendant trois mandats. De 2015 à 2021, il a été directeur territorial dans les Alpes-de-Haute-Provence, une expérience qu'il qualifie d'hyperenrichissante. Sportif, amateur de marathons et de trails, il a ensuite occupé le poste de directeur de la performance à la direction régionale de Marseille, ce qui lui a donné une vision du pilotage, du diagnostic et de l'impact.

Un ancrage partenarial renforcé

À la tête de la direction territoriale des Alpes-Maritimes, Richard Spinosa supervise onze agences et plus de 800 agents. Il souhaite s'appuyer sur le fort ancrage partenarial hérité de sa prédécesseure. Sa mission principale : garantir le versement des droits aux demandeurs d'emploi, satisfaire les besoins des entreprises et placer les chômeurs, en particulier les plus vulnérables. Pour cela, il mise sur une logique d'animation de réseau et de co-construction de réponses concrètes adaptées aux problématiques locales. « Mon ADN, c'est le terrain. J'ai toujours été orienté solutions et j'ai besoin d'être proche des équipes et des acteurs du territoire », explique-t-il. Il applique le principe de subsidiarité, donnant aux conseillers la capacité de prendre des décisions pour accélérer les parcours vers l'emploi et répondre rapidement aux entreprises. « Je suis là pour mettre de l'huile dans les rouages », ajoute-t-il.

Les défis structurels du département

Avec 96 000 inscrits à France Travail, soit un taux de chômage de 7 %, les Alpes-Maritimes représentent un cinquième de l'activité régionale, se classant deuxième après les Bouches-du-Rhône. Le directeur distingue les besoins à court terme, comme les recrutements pour la haute saison touristique, des problèmes structurels que sont le logement et la mobilité. « Ces deux sujets posent des difficultés », admet-il. Pour y remédier, il entend travailler en partenariat avec les fédérations patronales, l'Apec, la Mission locale et Cap Emploi. « Il faut agir sur nos complémentarités et mener des actions communes. C'est l'allégorie du colibri », illustre-t-il. Actuellement, 15 000 offres d'emploi sont disponibles sur FranceTravail.fr dans le département, tous secteurs confondus. « Notre mission est de mettre en lumière les secteurs qui recrutent et d'accompagner chaque demandeur vers ces opportunités », précise-t-il. Côté entreprises, France Travail part de leurs besoins pour définir un plan de formation sur mesure, comblant l'écart entre les compétences des chercheurs d'emploi et celles exigées. Pour les chômeurs, les conseillers travaillent sur les compétences transférables et proposent des immersions en entreprise ou des recrutements sans CV basés sur les soft skills, notamment pour les jeunes. Cette préparation opérationnelle à l'emploi affiche un taux de réussite de 85 %.

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Coopération transfrontalière et secteur monégasque

La feuille de route de Richard Spinosa inclut le développement d'un projet de coopération avec l'Italie. Une Maison de l'Emploi a été inaugurée à Vintimille pour partager des informations sur les formations et les recrutements entre les deux pays. « Une opération gagnant-gagnant », estime-t-il. La Principauté de Monaco, où travaillent de nombreux Français, est également un axe fort, même si la mobilité y est compliquée.

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Les secteurs qui recrutent

France Travail a dévoilé les résultats de son enquête Besoins en Main-d'œuvre (BMO) réalisée entre octobre et décembre 2025. Dans les Alpes-Maritimes, 44 250 intentions d'embauche sont recensées, plaçant le département à la troisième place régionale, soit 21 % des 209 630 estimations régionales. Le département est moins impacté par la saisonnalité (39 %). Les petites structures représentent 44 % des intentions, les moyennes 45 %. Les établissements de services sont les premiers pourvoyeurs d'emploi (79 %). Les secteurs clés sont l'hébergement-restauration (28 %), les services aux particuliers et à la collectivité (27 %), les services aux entreprises (23 %), le commerce (12 %) et la construction (5 %). Les métiers les plus recherchés sont les serveurs (10 %), les aides de cuisine (7 %) et les employés d'hôtellerie (6 %). Cependant, 41 % des recrutements sont jugés difficiles par les dirigeants, jusqu'à 52 % dans la construction. Richard Spinosa commente : « Ces 44 250 projets de recrutement, dans un contexte économique incertain, témoignent de la vitalité du tissu économique. La légère inflexion de 5 % par rapport à 2025 ne doit pas masquer l'essentiel : les entreprises recrutent, et les tensions structurelles appellent des réponses précises, secteur par secteur. C'est exactement ce que nous faisons avec France Travail Pro : une stratégie sur mesure, au plus près de chaque filière et de chaque bassin d'emploi. »