Canicule à Saint-Christol : 32 logements sans clim, les habitants en colère
Canicule : 32 logements sans clim à Saint-Christol, colère

Depuis 2005, Jean-Claude Rocher n'avait jamais eu aussi chaud. Locataire le plus ancien du Mas Vermeillet à Saint-Christol-lez-Alès (Gard), il vit dans un logement où le thermomètre frôle les 36°C en journée, sans climatisation. Comme lui, les résidents des 32 villas mitoyennes sont excédés par la chaleur étouffante qui règne dans leurs habitations, notamment sous les toits. Certains passent leurs nuits sur la terrasse, d'autres déplacent leurs matelas au rez-de-chaussée pour trouver un peu de fraîcheur.

Des températures insoutenables malgré les volets fermés

Odile Thomas, 83 ans, doyenne de la résidence, confie : « J’ai eu chaud dans ma jeunesse, mais jamais comme ça ! » Son chien Shih Tzu, Horus, dort même dans la baignoire pour échapper à la chaleur. Catherine Mongès, représentante des locataires, a mesuré 36°C dans sa mezzanine, un record dans le lotissement. À 19 heures, chez Jean-Claude, le thermomètre affiche encore 29°C, malgré les volets fermés toute la journée. Les nuits ne sont guère plus clémentes, avec des températures nocturnes avoisinant les 30°C.

Le bailleur social oppose une fin de non-recevoir

Les locataires réclament l'installation de climatiseurs depuis deux ans. José Castro a formulé une demande verbale il y a déjà deux ans, et Catherine Mongès a envoyé un courrier à la Société française des habitations économiques (SFHE) le 10 juillet 2026. Le bailleur a répondu le jour même par la négative. Vincent Escoffier, directeur de l'agence de Nîmes de la SFHE, invoque des « contraintes techniques », notamment le percement des façades qui fragiliserait les murs, générerait des nuisances sonores et dégraderait l'isolation. Même la proposition des locataires de prendre en charge les frais d'installation n'a pas fait fléchir le bailleur. Ce dernier craint que certains résidents ne fassent appel à des prestataires peu sérieux, compromettant la sécurité.

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Un refus basé sur la réglementation et des alternatives proposées

Vincent Escoffier rappelle que la climatisation ne figure pas dans le décret de 2002 sur les caractéristiques du logement décent. « Sur 2 600 logements que je gère, seul le Mas Vermeillet a fait cette demande », précise-t-il. Il considère qu'il s'agit d'une question de confort, non de sécurité sanitaire, contrairement à ce qu'affirme Catherine Mongès, ancienne employée de l'association CLCV (consommation, logement et cadre de vie). Le bailleur propose des alternatives : plantation de végétaux pour apporter de la fraîcheur – la résidence est déjà relativement végétalisée – et installation de brasseurs d'air, plus faciles à mettre en place. « Vous ne vous imaginez pas la différence en termes de fraîcheur », assure Vincent Escoffier, citant l'exemple d'un habitat inclusif à Nîmes métropole.

Une pétition pour faire pression

Malgré ces propositions, les locataires restent sur leur faim. Le 16 juillet, une pétition a été envoyée au bailleur, recueillant 19 signatures. Les résidents, dont certains sont âgés ou atteints de maladies chroniques, estiment que la situation devient intenable. « C’est une question de sécurité sanitaire », insiste Catherine Mongès, qui espère que la pression médiatique et citoyenne fera bouger les choses. Pour l'heure, le Mas Vermeillet reste un îlot de chaleur dans un été caniculaire, sans solution immédiate en vue.

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