Monnaies locales : le trèfle veut reverdir en Dordogne
Monnaies locales : le trèfle veut reverdir en Dordogne

Du jeudi 7 au dimanche 10 mai, l'association La Trèflerie a accueilli ses homologues de la France entière à Montignac-Lascaux dans le cadre des 22es Rencontres nationales des monnaies locales. La question centrale était : quelle place pour les monnaies locales complémentaires et citoyennes (MLCC) à l'heure des cryptomonnaies triomphantes ? Un sujet qui pourrait d'ailleurs constituer un excellent thème pour l'épreuve d'économie-droit du baccalauréat.

Un retour en force après la pandémie

En perte de vitesse depuis la pandémie de Covid-19, les MLCC tentent aujourd'hui un retour en force dans le porte-monnaie des Français. Le pari est encore loin d'être gagné. « La crise du Covid a fait beaucoup de mal », reconnaît Jean-Paul Quentin, le président de La Trèflerie, l'association qui a introduit la monnaie alternative du trèfle dans l'économie périgourdine. Sur les 80 MLCC qui étaient en circulation dans l'Hexagone avant 2020, seulement 60 ont survécu aux confinements successifs. À l'instar de l'Aqui et du Céou, les deux monnaies alternatives du Sarladais, toutes les autres ont été mises en sommeil ou dissoutes.

Objectif : 100 000 trèfles

Cette situation a été évitée de peu par le trèfle, qui fonctionne depuis ses débuts de manière dématérialisée. « Nous n'avons jamais eu de billet mais uniquement une interface numérique. C'est ce qui nous a permis de limiter la casse », explique Jean-Paul Quentin. Aujourd'hui, La Trèflerie vivote avec 150 adhérents et un stock de 45 000 trèfles disponibles. « C'est déjà ça, mais on peut faire mieux », argue le président, qui vise les 100 000 trèfles en circulation.

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« Contre toute attente, le contexte actuel joue paradoxalement en faveur des monnaies locales », croit percevoir la cheville ouvrière de La Trèflerie. « A contrario de l'épargne classique dont personne ne maîtrise la destination, l'argent est injecté directement dans l'économie locale. C'est l'outil idéal pour nous protéger au mieux du choc inflationniste qui nous attend dans quelques mois », soutient-il.

Un repositionnement à l'échelle départementale

Pour atteindre son objectif, l'association a entrepris de se repositionner à l'échelle du département. « Les efforts de développement ont longtemps été portés sur Périgueux et son agglomération, mais nous nous sommes aperçus avec le temps qu'il fallait étendre notre périmètre. » D'autres ont tenté l'expérience depuis déjà plusieurs années et cela leur a réussi. En témoigne l'essor du Moneko, la monnaie locale de Loire-Atlantique, ou encore celui de La Cigogne, son homologue du Haut-Rhin. L'une et l'autre ont largement dépassé la barre des 100 000 titres émis sous forme de billets ou d'avatars numériques, « en partie grâce au soutien des collectivités locales », explique Aline Barrault, la salariée de l'association qui assure la promotion du Moneko. « Nous n'avons malheureusement pas cette chance-là en Dordogne », regrette Jean-Paul Quentin.

Comment obtenir des trèfles ?

Il faut d'abord adhérer à La Trèflerie, qui crée un compte. Il faut ensuite y déposer des euros qui seront convertis en trèfles (un euro = un trèfle). Renseignements sur le site internet treflerie.fr.

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