Le Monaco Card Show, salon dédié aux cartes de sport et de pop culture, tiendra sa deuxième édition le 12 septembre au Grimaldi Forum, avec une surface portée à 1 300 mètres carrés et une soixantaine d'exposants. Cette expansion fait suite au succès de la première édition, qui avait réuni plus de 900 amateurs en septembre 2025, alors que les organisateurs en attendaient 500.
Un pari réussi pour les fondateurs
Dominique Gastaldi et Nicolas Bermond, à l'origine du projet, ont décidé de réitérer l'expérience après l'engouement de l'année dernière. « La première édition, on ne savait pas si ça allait être un succès ou pas, d'autant que le sujet est assez niche. Nous attendions 500 personnes, on a eu 900. Dès la fin de la journée, on a dit qu'on repartait pour une deuxième édition », raconte Nicolas Bermond.
L'espace supplémentaire loué au Grimaldi Forum permettra d'accueillir davantage de professionnels. « Dès la fin de la première édition, certains s'étaient déjà manifestés et nous avons une liste d'attente », ajoute Dominique Gastaldi. Le concept reste inchangé : rassembler pendant une journée amateurs, collectionneurs et passionnés de cartes à l'effigie de personnalités du sport, de héros de pop culture ou de personnages Marvel ou Disney, devenus un véritable phénomène de société.
Un secteur en plein essor économique
Les organisateurs insistent sur la dimension économique de ce marché. « C'est important de créer un lieu physique pour des investisseurs novices, des gens qui veulent commencer une collection, d'autres qui ont une vraie curiosité. La demande est là. En France, un salon existe à Paris et nous sommes devenus le deuxième plus grand. Et nous voulons que cet événement se crédibilise avec le temps. En montrant que ce n'est pas seulement un hobby, mais un secteur sérieux qui génère beaucoup de revenus », explique Dominique Gastaldi.
Les chiffres donnent du poids à ce discours. L'homme d'affaires canadien Kevin O'Leary s'est associé à l'été 2025 avec deux investisseurs pour acheter une carte de basket-ball unique de 2007, signée par Michael Jordan et Kobe Bryant, pour près de 13 millions de dollars. Sa cote est aujourd'hui estimée entre 17 et 20 millions, ce qui en fait la carte sportive la plus chère au monde. Par ailleurs, l'influenceur américain Logan Paul a vendu sa carte Pikachu Illustrator pour 16,4 millions de dollars à l'hiver 2026, après l'avoir achetée 5,3 millions en 2021. Elle détient désormais le record de la carte la plus chère au monde.
« C'est un marché qui est en train d'exploser, confirme Nicolas Bermond. Et les investisseurs s'y intéressent car on peut y faire des plus-values, 100 fois plus vite que sur l'immobilier ou la bourse. Même si c'est beaucoup moins prévisible. » En Europe, un collectionneur ayant constitué son patrimoine depuis les années 90 possède aujourd'hui un lot estimé autour de 100 millions d'euros.
Des opportunités pour tous les budgets
Pour ceux qui craignent d'arriver trop tard sans budget conséquent, Dominique Gastaldi se veut rassurant : « Non, il y a des cartes à tous les niveaux, mais de plus en plus de personnes commencent le business des cartes. » Il cite l'exemple d'une carte à l'effigie de Victor Wembanyama, achetée 1 000 dollars l'an dernier, qui est passée à 3 500 dollars. « Dans le sport, ce qui est excitant, c'est que les performances du joueur entrent en compte. Si demain il se blesse, ou joue moins bien, c'est un facteur imprévisible qui peut influer sur la valeur des cartes. »
La disparition de certaines légendes a également fait flamber les prix, comme pour Maradona, Pelé ou Kobe Bryant, dont la cote s'est envolée après leur décès. Mais la tendance actuelle est plutôt de miser sur les stars de demain. « Une carte d'une ancienne gloire, sa cote peut monter mais ne décolle pas. Alors que le jeune footballeur Lamine Yamal, certaines de ces cartes dépassent déjà les 500 000 euros », note Dominique Gastaldi. « Aujourd'hui dans le football ou le basket, les gens valoriseront plus les cartes d'un jeune joueur très prometteur. »
Les cartes sont désormais l'objet le plus coté dans le memorabilia sportif. « Il y a une dizaine d'années, ce sont les maillots signés qui dominaient le marché du sport, admet Nicolas Bermond. Aujourd'hui, peu de maillots se vendraient pour 10 ou 15 millions de dollars, alors que des cartes oui. »
Une journée de rencontres et d'animations
Le salon proposera également une expérience au-delà des cartes. « Les gens viennent pour les cartes, mais c'est bien aussi de proposer une expérience de rencontres », soulignent les organisateurs. L'ancien footballeur international Sébastien Squillaci, passé par l'AS Monaco entre 1998 et 2006, sera présent pour dédicacer des cartes collector. Un Kid's corner permettra aux jeunes enfants de créer leurs propres cartes lors d'un atelier.
Parmi les partenaires de cette édition figurent Panini, la maison d'édition italienne, et VOGGT du Groupe Fanatics, leader mondial d'e-commerce des produits licenciés, qui apporte selon les organisateurs « une vraie crédibilité ». La marque franco-américaine Authentic Signatures, spécialisée dans les maillots signés et authentifiés, s'est également intéressée à la manifestation. Le public pourra trouver sur place de nombreux revendeurs, notamment pour Pokémon, dont la licence fête ses trente ans, et One Piece, dont les cartes lancées il y a deux ans rencontrent déjà un immense succès.
Le Monaco Card Show se tiendra le 12 septembre de 10 heures à 18 heures au Grimaldi Forum. L'entrée est fixée à 15 euros, et à 5 euros pour les moins de 12 ans. La billetterie est disponible sur le site www.grimaldiforum.com.



