Le maire LR d'Alès Christophe Rivenq a été exfiltré de son domicile lundi 20 juillet 2026 en soirée, après la remontée d'une menace de voiture piégée attribuée au groupe criminel DZ Mafia, selon une source proche du dossier. Cette information, confirmée par Le Parisien, intervient après que l'élu de 60 ans a reçu jeudi dernier une enveloppe contenant deux balles de calibre 9 mm, accompagnée de tags menaçants sur les murs de sa clôture, signés « DZ NG » (DZ Mafia nouvelle génération) et « CVN » pour Cévennes, comme l'a précisé le procureur d'Alès à la presse.
Protection policière et enquête nationale
Christophe Rivenq était déjà sous protection policière depuis vendredi après ces premières intimidations. Le parquet national anticriminalité organisée (PNACO) s'est saisi de l'enquête. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé « un acte d'intimidation » et promis « toute la lumière ». Interrogé par l'AFP, Romain Capelle, chargé de communication de la ville, a indiqué que le maire ne souhaitait pas s'exprimer mardi, mais que « la sécurité autour des bâtiments communaux a été renforcée ».
La menace de voiture piégée, dont l'existence n'est pas confirmée à ce stade, a conduit les autorités à exfiltrer l'élu de son domicile en pleine nuit. Le ministre de l'Intérieur avait jugé lundi « très probable » que les menaces émanent de la DZ Mafia, précisant qu'« Alès, c'est un territoire qui est très convoité » par ce groupe criminel qui contrôle le narcotrafic à Marseille. Une protection avait été mise en place, notamment via un bouton d'alerte.
Réactions et soutien politique
L'ex-député du Gard et ex-maire d'Alès Max Roustan a réagi : « Ce qui s'est passé est très grave, être un élu de la république c'est difficile. Le maire est très touché, sa femme est abattue, ses enfants… Et devoir abandonner sa maison… ». Il a déploré le manque de moyens de la justice et de la police, ajoutant : « Alès n'est pas très loin de Marseille, quand les dealers ont épuisé Aix, puis Avignon, ils s'attaquent désormais à Nîmes puis Alès et après il y aura les petits villages. »
Christophe Rivenq a reçu un large soutien politique. Arthur Delaporte, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée, a déclaré : « Les élus qui résistent, les élus qui demandent des moyens, les élus qui sont menacés, nous les soutenons. » Marine Le Pen a écrit sur X : « Ce que vit aujourd'hui le maire d'Alès Christophe Rivenq doit faire prendre conscience à chacun de l'extrême gravité de la situation. » David Lisnard, président de l'association des maires de France, a estimé : « Le combat contre le narcotrafic est une priorité absolue. Notre pays en est là : une mafia omniprésente, des maires en 1re ligne, voire en danger extrême. »
Contexte de violences à Alès
Depuis l'été 2025, la DZ Mafia a fait irruption à Alès, tentant de supplanter les réseaux locaux. Plusieurs fusillades ont éclaté dans le quartier des Prés-Saint-Jean. Le 3 juin 2026, un jeune de 18 ans a été tué par balle. Mi-janvier, un homme de 54 ans a été tué et un trentenaire blessé près d'un point de deal. Quelques jours plus tôt, quatre jeunes venus de Seine-Saint-Denis ont essuyé une rafale d'arme automatique ; l'un d'eux, âgé de 15 ans, a été blessé à la jambe. En octobre 2025, un Alésien de 22 ans a été abattu sur le parking d'un fast-food dans le cadre d'un règlement de comptes.



