La multiplication des data centers à Marseille attise les tensions
La prolifération des mégacentres de données informatiques, accélérée par l'explosion de l'intelligence artificielle, suscite des désaccords croissants sur l'emploi des ressources en électricité, en eau et en foncier. À Marseille, devenue le sixième hub mondial de la data, les conflits s'intensifient.
Un couloir de machines
À droite et à gauche d'un interminable couloir gris et blanc éclairé de néons blafards s'alignent une multitude de portes verrouillées. Elles protègent des salles immaculées, où des placards grillagés accueillent des empilements de machines clignotantes et des spaghettis de fibre optique. Ces installations, qui consomment énormément d'énergie et d'eau, sont au cœur des préoccupations locales.
Le lundi 1er juin, Emmanuel Macron a annoncé des investissements étrangers en France pour un montant de 93 milliards d'euros dans le cadre de la neuvième édition de Choose France. Ces investissements sont portés par des projets dans le domaine de l'IA et du numérique. Le chef de l'État a estimé que ces projets permettaient « de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données » et « des capacités de calcul en Europe ».
Nous republions à cette occasion notre reportage paru en septembre 2025 sur les problématiques et les tensions à Marseille suscitées par l'implantation de ces data centers.
Des ressources en tension
Les data centers sont de grands consommateurs d'électricité, notamment pour alimenter les serveurs et les systèmes de refroidissement. À Marseille, cette demande croissante pèse sur le réseau électrique local. De plus, l'eau utilisée pour le refroidissement est une ressource précieuse dans une région méditerranéenne sujette à la sécheresse.
Le foncier est également un enjeu : les mégacentres occupent de vastes terrains, souvent près des zones urbaines, ce qui suscite des oppositions de la part des riverains et des élus locaux. Ces derniers dénoncent une privatisation de l'espace public et des nuisances sonores et visuelles.
La multiplication des data centers à Marseille illustre les défis de la transition numérique face aux impératifs écologiques et sociaux. Entre promesses économiques et pressions environnementales, la ville cherche un équilibre délicat.



