Le LOSC, sous la présidence d'Olivier Létang, s'est imposé comme le club le mieux géré de Ligue 1, avec une santé financière exemplaire. En une semaine, le club nordiste va récupérer près de 200 millions d'euros grâce à plusieurs transferts, confirmant sa stratégie de vente au prix fort et de recrutement maîtrisé.
Une semaine record de 200 millions d'euros
Le LOSC a officialisé la vente d'Ayyoub Bouaddi à Manchester City pour 100 millions d'euros, un montant record pour un club de Ligue 1. Matias Fernandez-Pardo va suivre à Newcastle pour environ 70 millions d'euros, tandis que le transfert de Carlos Baleba de Brighton à Manchester United rapportera un bonus supplémentaire de 10 millions d'euros. À cela s'ajoute un cadeau imprévu : l'élimination de l'OL en Ligue des champions va générer quelques millions d'euros supplémentaires, avec plus de revenus à se partager pour les clubs de Ligue 1.
Ces sommes s'ajoutent à des comptes déjà bénéficiaires depuis quatre saisons. Pour le dernier exercice publié, en 2024-2025, le LOSC a enregistré un bénéfice record de plus de 81 millions d'euros pour Merlyn Partners, le fonds d'investissement arrivé en même temps que Létang en décembre 2020. Une performance qui tranche avec la situation de nombreux autres clubs français.
Un redressement spectaculaire depuis 2020
Arrivé en décembre 2020 dans une situation très compliquée, Olivier Létang a remis de l'ordre au Domaine de Luchin, siège du LOSC. À l'époque, les Dogues comptaient plus de 300 millions d'euros de dettes, héritées de la gestion de Gérard Lopez, président depuis 2017. Malgré la catastrophe financière, Lopez a récupéré les Girondins de Bordeaux à l'été 2021. Cinq ans plus tard, la trajectoire des deux clubs illustre la gestion exemplaire de l'un et le fiasco de l'autre : Lille s'apprête à affronter le Bayern et Arsenal en Ligue des champions, tandis que les Girondins ne savent toujours pas dans quel championnat ils joueront cette saison, risquant la liquidation judiciaire. Pourtant, Létang n'a pas manqué d'avertir les instances du football français et les élus de la métropole bordelaise.
Le sportif n'a pas pâti de l'assainissement financier. Le LOSC a accroché une nouvelle qualification en Ligue des champions et démarre idéalement sa saison sous les ordres de Davide Ancelotti. Le fils de Carlo a notamment connu un match nul frustrant contre le PSG (2-2), avec deux buts parisiens sur le fil.
Une gestion stricte, des résultats probants
Ancien joueur professionnel passé par Le Mans et surtout Reims, le Sarthois a cumulé une carrière de joueur avec celle de dirigeant. Promu directeur administratif et financier du club rémois en 2000, à 28 ans, il se fait connaître du grand public en 2012 en devenant directeur sportif du Paris Saint-Germain, fraîchement racheté par QSI. « Pour lui, l'institution compte plus que le reste. Je sais que beaucoup le critiquent en disant qu'il a les dents longues, mais je pense aussi que c'est parce qu'il est brillant », expliquait un salarié du club de la capitale au Parisien. Passé également à Rennes comme président, il remporte en 2019 la Coupe de France, le premier titre du SRFC depuis 48 ans.
À Lille, Létang se charge d'assainir les finances. Dans un documentaire produit par la L1, on le voit négocier à l'euro près les indemnités de transfert et les salaires. « Je pense qu'il est mieux d'arrêter toute discussion. On ne devrait pas coopérer. Merci, bonne continuation, mais je ne travaille pas ainsi », explique-t-il à Martin Braithwaite, piste rapidement écartée. Pas question d'aller dans la surenchère avec les agents et les intermédiaires, même si la piste est belle sur le papier.
Un modèle qui fait des envieux
Les recrutements sont peu onéreux, avec un montant maximal de 15 millions d'euros pour Hakon Haraldsson à l'été 2023. Les joueurs libres sont parfaitement ciblés, et les départs se font au prix fort, à l'image de Leny Yoro, cédé pour 60 millions d'euros à Manchester United alors qu'il ne lui restait qu'un an de contrat. La formation redevient un enjeu prioritaire : Ayyoub Bouaddi est devenu la vente la plus chère de l'histoire de la Ligue 1 cet été.
Même si ses coups de sang contre l'arbitrage le mettent souvent dans l'embarras, le dirigeant de 53 ans assume sa personnalité. « Je suis entrepreneur, pas diplomate. Nous ne sommes pas dans le monde des bisounours et on ne passe pas de la 109e place à la 26e place au classement UEFA sans être très, très exigeant », expliquait-il à L'Équipe en décembre dernier.
Alors que l'OM n'a toujours pas enregistré de recrue et que l'OL et Monaco sont obligés de vendre, le modèle lillois a de quoi faire des envieux. La prudence d'Olivier Létang a permis au LOSC d'avoir un avenir pérenne, et dans le football français actuel, tout le monde désirerait avoir autant de stabilité sur le long terme.



