A9 : un salarié raconte son enfer quotidien sur l'autoroute
A9 : le calvaire quotidien d'un salarié sur l'autoroute

Stéphane, 52 ans, parcourt chaque jour 288 kilomètres entre Montauban et Saint-Jean-de-Védas, dont 174 sur l'autoroute A9, pour se rendre à son travail. Depuis près de quatre ans, ce natif de Narbonne vit un véritable calvaire sur cet axe qu'il qualifie d'« hyper dangereux ».

Un trajet quotidien de 288 kilomètres

Chaque jour, Stéphane emprunte l'A9 pour rejoindre son lieu de travail à Saint-Jean-de-Védas, où il travaille plusieurs jours par semaine. Son emploi du temps est millimétré : départ à 4h25 de Montauban, puis A62 jusqu'à Toulouse, A61 jusqu'à Narbonne, et enfin A9 jusqu'à la sortie 32. Il arrive à 6h55 à destination, avec « deux heures de travail à fond sur les dossiers ».

Son véhicule rejoint le flot des 75 000 véhicules qui empruntent chaque jour cette voie de circulation, selon Vinci-Autoroutes du Sud de la France. Entre Nîmes et Montpellier, la moyenne atteint 92 000 véhicules hors pointes estivales, et grimpe à 120 000 en été. Le soir, Stéphane repart vers 18 heures pour être chez lui à 20h30.

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« L'A9 est hyper dangereuse »

Stéphane n'hésite pas à décrire son quotidien : « Cette autoroute, c'est un enfer. L'A9 est hyper dangereuse. » Il raconte des frayeurs marquantes, comme cette fois où « deux camions se sont doublés avec un bus qui déboîte sur la troisième voie en même temps ». Il dénonce aussi les camions qui « ne mettent pas les clignos ou déboîtent au dernier moment », ainsi que les « gens énervés qui doublent par la droite puis font une queue de poisson ».

Son pire blocage remonte à un jour où, parti à 17h30 de Saint-Jean-de-Védas, il est arrivé à 23 heures à Montauban à cause d'un accident et d'une partie d'A9 fermée. Il évoque également un incendie à Narbonne et un « manque d'indications » en temps réel : « J'ai roulé 40 minutes pour revenir quasiment au même point. J'aurai perdu moins de temps en attendant. Dans ces cas-là, tu as envie de manger le volant ! »

Une organisation familiale pensée pour les trajets

Stéphane dispose d'une voiture de fonction, une Renault Austral, fournie par son entreprise. « Mes déplacements sont pris en charge et j'aime conduire », souligne-t-il, ce qui lui évite les questions de coût de l'essence ou d'entretien. Avec environ 5 heures de trajets par jour, il admet passer plus de temps au travail que chez lui, mais il a toujours eu « l'ambition et l'envie de le faire », soutenu par son épouse. Ses enfants, âgés de 24 et 21 ans, sont désormais grands, et il réserve ses week-ends et vacances pour sa famille.

Connecté sur Google Maps pour optimiser son parcours, Stéphane connaît son itinéraire par cœur : « J'ai cinq radars fixes sur tout le parcours. J'y fais très attention car je peux perdre mon permis en un seul trajet et si c'est le cas, je peux perdre mon emploi. » Motard lors de son temps libre, il applique les mêmes réflexes de prudence en voiture : « J'anticipe beaucoup. »

Des améliorations souhaitées pour les camions

Interrogé sur ce qui pourrait être amélioré sur l'autoroute, Stéphane répond : « Les règles pour les camions. Qu'ils restent sur la voie de droite sans aller sur celle du milieu. » Une demande qui rejoint les préoccupations des usagers quotidiens de l'A9.

Cet article fait partie de la série « L'A9, pleins phares » de Midi Libre, qui explore les coulisses de cet axe routier incontournable, emprunté par des millions de vacanciers chaque été. Le trafic y est suivi en continu par Radio Vinci Autoroutes sur la fréquence 107.7, dont l'un des trois sièges se trouve à Vedène, dans le Vaucluse.

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