Lionel Ducasse élu président du Seignanx : un projet pour le territoire
Le maire réélu de Saint-Martin-de-Seignanx, Lionel Ducasse, a été élu président de la Communauté de communes du Seignanx le 22 avril dernier. Pour la première fois dans l'histoire de l'intercommunalité, une seule candidature s'est présentée, rassemblant sept communes sur huit autour d'un projet commun. Dans un contexte marqué par la mise à l'écart d'Ondres, il détaille ses ambitions pour les années à venir.
Une candidature unique et des motivations politiques
Lionel Ducasse explique cette candidature unique par son parcours politique et une logique de rassemblement. « Il y a eu des discussions, et il y a une certaine logique, liée à mon parcours politique, qui fait que j'étais ce candidat unique, en tant que maire de Saint-Martin-de-Seignanx. Je ne l'aurais peut-être pas été il y a dix ans, et je ne le serai sûrement pas dans dix ans », confie-t-il. Cette candidature unique a aussi des motivations politiques, comme l'a souligné le maire de Tarnos avant le vote, justifiant la mise à l'écart des élus de la majorité ondraise, qualifiée de « d'extrême droite ».
Des échanges avec le maire d'Ondres
Le nouveau président indique avoir rencontré à trois reprises Patrick De Casanove, le maire d'Ondres. « On a débattu sur les grands axes du projet politique du territoire, et sur très peu d'axes, il y a eu des engagements sur ce projet politique de sa part : sur le logement, l'économie, la stratégie financière… » Toutefois, il s'est dit surpris que le maire d'Ondres n'ait pas commenté la saisine de la justice par le préfet des Landes pour des propos intolérables de deux élus de la majorité ondraise.
Saint-Martin-de-Seignanx, un territoire charnière
Lionel Ducasse insiste sur la position particulière de sa commune, qui fait le lien entre les communes rurales et celles côtières et urbaines. « Saint-Martin occupe une position particulière : géographiquement, elle fait le lien entre les communes rurales et celles à la fois côtières et urbaines. Je peux citer deux ou trois exemples : les écoles, le club de basket, la zone économique de Northon, entre Tarnos, Ondres et Saint-Martin. Il y a toujours eu la recherche de cet équilibre avec les communes rurales, que l'on n'appelle plus communes de l'Est, comme on le faisait autrefois. La ruralité heureuse, c'est plutôt cette idée que je défends aujourd'hui. »
Premières actions du bureau communautaire
Lors du premier bureau communautaire le 29 avril, Lionel Ducasse a proposé de délocaliser les Conseils communautaires deux fois par an à Saint-Laurent-de-Gosse, et de les organiser dans les sept communes durant le mandat. Il a également annoncé un séminaire des élus pour construire ensemble les politiques des six ou sept prochaines années. « La démocratie participative, il faut absolument qu'on reste ambitieux sur ce sujet, qu'on aille chercher l'habitant en lui parlant du Seignanx. Une heure avant le Conseil communautaire ou municipal, n'importe quel habitant va pouvoir venir questionner les élus sur l'ordre du jour. »
Les grandes lignes du projet : mobilité, logement, emploi, culture
Le président dévoile les priorités : mobilité, logement, emploi, monde associatif, culture et urbanisme. « Pour moi, l'un des enjeux majeurs d'une communauté de communes, c'est cela, c'est avoir cette globalité pour 'penser la ville'. Ce qui m'intéresse, et presque l'exaltation que j'ai, c'est de faire en sorte que Saint-Laurent-de-Gosse aide Ondres, que Tarnos aide Biarrotte, que Saint-Martin travaille avec Saint-André. Je souhaite que le Seignanx, au-delà du développement économique, soit le lieu de l'intelligence collective. »
Le logement, priorité absolue
Le logement est considéré comme la priorité des priorités. « Le PLUi et le PLH sont des exemples de nos disparités, et de ce qui fait également la force d'un territoire. Deux communes sur huit sont en loi SRU, avec l'obligation de construire du logement social, et nous avons été très ambitieux sur ce que je préfère appeler le 'logement abordable' sur les restes du territoire. » Il constate que la population locale n'arrive plus à se loger, avec une majorité de plus de 55 ans qui arrive, tandis que les familles font face à la rareté des biens et à la hausse des prix. Les constructions de logements ont été divisées par quatre ces deux dernières années.
Développement économique et logement
Le développement économique souffre de ce manque de logements. « Sur le volet économique, l'autre gros sujet, c'est la zone artisanale qu'on appelle maintenant Vigne. Le projet politique, c'est rapprocher l'emploi du logement. Donc, il faut qu'on arrive à trouver là aussi comment on imbrique ce tissu économique dans le vivre ensemble et dans les enjeux urbains. Tarnos est un lieu exemplaire au niveau de l'industrie comme de l'économie sociale et solidaire, et c'est ça qui fait l'image du Seignanx : travailler avec des industriels comme Safran, mais aussi avec des initiatives citoyennes et solidaires, pour voir l'économie sous un autre angle. »
La culture comme outil de cohésion
La culture occupe une place centrale dans le projet. « Dans le Seignanx, on a toujours eu la même philosophie, celle d'amener la culture dans des endroits où on ne l'attend pas. Je suis convaincu que la culture, dont on parle de moins en moins, doit être mon troisième point prioritaire. Parce que je pense vraiment qu'aujourd'hui, c'est le parent pauvre des politiques publiques. Et la culture, il y a quelque chose de fantastique : si on vit des émotions côte à côte, c'est plus simple ensuite, le mardi ou le mercredi, de vivre ensemble. »
Une commission « services publics » pour lutter contre les inégalités
Une commission « services publics » a été créée pour répondre aux inégalités d'accès. « Aujourd'hui, les inégalités d'accès se creusent. Comment accompagner l'usager dans les années à venir, en réfléchissant à l'échelle d'un territoire ? Nous avons l'exemple de l'espace numérique solidaire, pour la CAF, pour les impôts, même pour les jeunes, on a déjà organisé des ateliers spéciaux pour les moins de 30 ans. »



