Une vaste enquête internationale, menée par des journalistes d'investigation, a mis au jour les mécanismes complexes utilisés par le président vénézuélien Nicolás Maduro et son entourage pour dissimuler des millions de dollars. Selon les documents consultés, ces fonds proviendraient de détournements de l'aide publique destinée à la population vénézuélienne, plongée dans une crise humanitaire sans précédent.
Des comptes offshore et des biens immobiliers
Les investigations révèlent que Maduro et ses proches auraient utilisé un réseau de sociétés écrans basées dans des paradis fiscaux, notamment aux Îles Vierges britanniques, à Panama et en Suisse. Ces structures auraient permis de transférer des sommes colossales vers des comptes bancaires personnels, à l'abri des regards des autorités vénézuéliennes et internationales.
Parmi les actifs identifiés figurent des propriétés de luxe à Miami, en Espagne et en Turquie, ainsi que des investissements dans des secteurs stratégiques comme les mines d'or et le pétrole. L'enquête estime que le montant total des avoirs cachés pourrait dépasser les 100 millions de dollars.
Des proches impliqués
L'entourage de Maduro, y compris son épouse Cilia Flores et plusieurs ministres, est également mis en cause. Des documents montrent que des membres de sa famille auraient bénéficié de ces transferts, notamment via des contrats fictifs avec des entreprises publiques.
- Cilia Flores, première dame, est citée dans des transactions immobilières à Miami.
- Le ministre du Pétrole, Tareck El Aissami, aurait utilisé des intermédiaires pour blanchir des fonds.
- Des proches conseillers auraient ouvert des comptes en Suisse sous des noms d'emprunt.
Ces révélations interviennent alors que le Venezuela traverse une grave crise économique, avec une hyperinflation et une pénurie de produits de première nécessité. L'opposition vénézuélienne a réclamé une enquête internationale indépendante, tandis que le gouvernement de Maduro dénonce une "campagne de diffamation" orchestrée par les États-Unis.
Des sanctions internationales en vue ?
Les États-Unis, qui ont déjà imposé des sanctions contre plusieurs responsables vénézuéliens, pourraient durcir leur position. L'Union européenne examine également la possibilité de geler les avoirs des personnes impliquées. Cependant, la complexité des montages financiers rend toute action judiciaire difficile.
Cette enquête, menée par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) en collaboration avec plusieurs médias, met en lumière l'ampleur de la corruption au plus haut niveau de l'État vénézuélien. Elle soulève des questions sur l'utilisation des fonds publics dans un pays où la majorité de la population vit dans la précarité.



