Le juteux business de Perenco : pétrole et controverses
Le juteux business de Perenco : pétrole et controverses

Perenco, une compagnie pétrolière discrète mais influente, engrange des profits considérables en opérant dans des régions instables d'Afrique et d'Amérique latine. Fondée en 1975 par le Français Hubert Perrodo, l'entreprise est aujourd'hui dirigée par ses enfants. Elle se spécialise dans l'exploitation de gisements matures ou marginalisés, souvent délaissés par les majors.

Des bénéfices colossaux dans des zones sensibles

En 2022, Perenco a réalisé un chiffre d'affaires de 9,3 milliards de dollars, avec un bénéfice net de 3,1 milliards. Ces résultats impressionnants sont portés par la flambée des prix du pétrole et une production quotidienne d'environ 500 000 barils équivalent pétrole. L'entreprise opère dans 14 pays, dont le Cameroun, le Gabon, la République démocratique du Congo, le Pérou et le Vietnam.

Son modèle économique repose sur l'acquisition de champs pétroliers vieillissants à bas prix, qu'elle remet en production grâce à des techniques de récupération assistée. Cette stratégie, bien que lucrative, expose Perenco à des risques politiques et sécuritaires élevés. Dans le delta du Niger, au Nigeria, ses installations ont été la cible d'attaques de groupes armés, entraînant des perturbations de production.

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Critiques environnementales et sociales

Perenco est régulièrement pointée du doigt par des ONG pour ses pratiques environnementales. Selon Greenpeace, l'entreprise serait responsable de fuites de pétrole et de gaz torchage excessif dans plusieurs pays africains. En 2021, une enquête de l'ONG Global Witness a révélé que Perenco n'avait pas respecté ses engagements de réduction du torchage au Cameroun.

« Perenco profite de l'absence de régulation dans les pays où elle opère pour maximiser ses profits au détriment de l'environnement et des populations locales », a déclaré un porte-parole de Greenpeace. L'entreprise rejette ces accusations, affirmant respecter les normes locales et investir dans des technologies plus propres.

Un poids lourd discret du pétrole

Malgré ces controverses, Perenco reste un acteur incontournable pour les États hôtes. Au Gabon, elle représente près de 20 % de la production pétrolière nationale. L'entreprise emploie environ 7 000 personnes, dont une majorité de locaux, et contribue aux budgets publics via des impôts et des redevances.

Cependant, la transparence fiscale de Perenco est régulièrement remise en question. En 2019, une enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a montré que l'entreprise utilisait des montages complexes dans des paradis fiscaux pour réduire son imposition. Perenco a nié toute pratique illégale, arguant que sa structure était conforme au droit international.

Alors que la transition énergétique s'accélère, Perenco mise sur le gaz naturel comme énergie de transition. L'entreprise a récemment investi dans un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) au Cameroun, avec une capacité de 1,2 million de tonnes par an. Ce projet, soutenu par les autorités locales, vise à valoriser les réserves de gaz associées au pétrole.

Un avenir incertain

L'avenir de Perenco dépendra de sa capacité à gérer les risques politiques et environnementaux. Avec la pression croissante des investisseurs et des régulateurs sur les énergies fossiles, l'entreprise pourrait devoir diversifier ses activités. Pour l'instant, elle continue de prospérer dans l'ombre, loin des projecteurs.

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