Cédric Jubillar reconnaît avoir tué son épouse Delphine et coopère
Cédric Jubillar avoue le meurtre de Delphine et coopère

Dans un revirement spectaculaire, Cédric Jubillar a reconnu avoir donné la mort à son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, et se dit prêt à collaborer avec la justice. Ce changement de stratégie intervient deux mois avant son procès en appel, prévu le 21 septembre à Toulouse, que ses avocats jugent désormais « impossible » à tenir dans les délais.

Des aveux par courrier

L'information a été révélée par un courrier manuscrit adressé à son avocat Pierre Debuisson, dévoilé par la Dépêche du Midi lundi matin. Lors d'une conférence de presse, Me Debuisson a confirmé « les aveux » de Jubillar, qui est selon lui « prêt à collaborer entièrement avec la justice » et à indiquer aux enquêteurs où se trouve le corps de Delphine, qu'il a dissimulé. « Il se tient à la disposition des juges », a déclaré l'avocat, ajoutant : « J'espère que les réponses apportées par Cédric Jubillar permettront aux enfants du couple de faire leur deuil et de donner une sépulture à Delphine. »

Les raisons du revirement

Selon Me Debuisson, ce passage aux aveux est dû à « un besoin de parler ». Il explique que son client était jusque-là « verrouillé par la pression médiatique » et « la pression très forte des enquêteurs », fragilisé par la prise de médicaments et son régime carcéral à l'isolement. « S'il n'avait pas été détenu à l'isolement, il aurait fait ces révélations plus tôt », assure-t-il. « Évidemment, il regrette (...) c'est le pire geste de sa vie », a-t-il ajouté.

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Conséquences sur le procès en appel

Cédric Jubillar, 38 ans, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d'assises du Tarn. Son procès en appel doit débuter le 21 septembre à Toulouse et durer quatre semaines. Pour ses avocats, il serait « impossible » et même « grotesque » que le procès se tienne dans les temps, car il faut désormais que leur client soit entendu, puis que la dépouille soit recherchée avant que des analyses puissent être effectuées. « Une fois la justice saisie, la présidente de la cour d'assises de Haute-Garonne pourrait ordonner un supplément d'information qui déboucherait sur une audition dans les prochaines semaines », selon une source proche du dossier.

Réactions des parties civiles

Les avocates des parties civiles ont salué ce revirement. Malika Chmani, avocate des enfants, a déclaré : « On est soulagés pour les enfants. (...) Maintenant, c'est important qu'il nous dise où est le corps. Je crois que c'est ce qui va venir, en tout cas on le souhaite. » Pauline Rongier, avocate d'Emy, amie de Delphine Jubillar, a décrit à l'AFP « un énorme soulagement ». Sa cliente attend désormais « de savoir où est le corps de son amie. Les aveux de Cédric Jubillar, on n'en a pas besoin pour établir sa culpabilité. Elle a été établie de manière massive en première instance. Elle l'aurait été et elle le sera en appel. »

Contexte judiciaire

Dans son arrêt, la cour d'assises avait estimé que le meurtre de Delphine Jubillar était « caractérisé », affirmant n'avoir pas été convaincue par les déclarations de l'accusé. La juridiction avait jugé que les témoignages recueillis, le fait que la personnalité de l'accusé soit « compatible » avec un passage à l'acte, ainsi que sa non-acceptation de la séparation d'avec son épouse, constituaient des éléments suffisants pour établir sa responsabilité. Cédric Jubillar est détenu depuis juin 2021, à l'isolement par mesure de sécurité, au centre de détention de Seysses, près de Toulouse.

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