La Droguerie, située rue de l'Hôtel des Postes à Nice, ferme définitivement ses portes ce mardi 9 juin 2026 au soir. Cette cessation d'activité signe la fin d'une histoire qui a duré 50 ans pour l'enseigne nationale, et 22 ans pour la boutique niçoise. En boutique, les clientes, venues profiter des derniers petits prix, sont déjà nostalgiques.
Une ambiance particulière pour le dernier jour
Drôle d'ambiance à La Droguerie. Dehors, les vitrines de la boutique, d'ordinaire calme et plutôt ordonnée, sont bardées d'affiches annonçant des prix bradés à 50 %. Dedans, les clientes affluent. Certaines sont au courant de la nouvelle, d'autres la découvrent et la regrettent. Aujourd'hui est le dernier jour de cette mercerie historique.
Une histoire familiale et artisanale
Ouverte il y a 22 ans rue de l'Hôtel des Postes à Nice, elle fait partie d'un réseau national (international même, puisque deux boutiques ont ouvert au Japon) de dix enseignes. La première a été créée en 1975 à Paris, par quatre sœurs. « Elles n'avaient rien à part cette idée. Elles ont tout récupéré : les meubles en bois, des cuillères à melons chez des épiciers pour servir les perles, des crochets de bouchers pour sécher les écheveaux de laine… Écheveaux qu'elles peignaient à la main dans l'arrière-boutique », raconte Charlotte Doux, conseillère vendeuse dans la boutique niçoise depuis cinq ans. Elle illustre ses propos en montrant les accessoires dont elle vient de parler.
Cinquante ans plus tard, l'histoire familiale court encore : les meubles – cette fois réalisés sur mesure – sont toujours en bois, les fils sont teints dans l'ouest de la France et toutes les matières travaillées sont naturelles.
Une fermeture due à la concurrence et à la conjoncture
La Droguerie n'a malheureusement pas résisté à la concurrence d'Internet et à la conjoncture commerciale. « La crise sanitaire a donné un nouveau souffle parce que les gens ont commencé à faire les choses par eux-mêmes mais ça n'a pas suffi », indique Charlotte. Comme leurs clientes, les quatre conseillères vendeuses « absorbent encore le choc ».
Des millions d'histoires qui disparaissent
« Cette fermeture est une vraie perte car on trouvait toujours tout ici et les vendeuses prenaient le temps de nous écouter pour nous conseiller », regrette Claire, une cliente fidèle. Avec ses milliers de références, La Droguerie fournissait en effet un service de vente au détail unique. « Nous avons conscience de l'émotion que ça suscite chez les clients et les Niçois. Ce sont des millions d'histoires qui disparaissent », sourit Charlotte, tristement. Et chaque cliente y va de la sienne : Laure qui – collégienne – économisait chaque pièce pour acheter des perles, la mère de Jeanne qui l'emmenait à La Droguerie le mercredi après-midi pour ensuite coudre ensemble, Manon qui déteste la couture mais se plaît à repriser les trous de ses vêtements avec de jolies pièces… « C'est un univers très coloré, très poétique qui disparaît », achève Charlotte.



