Un kinésithérapeute dans le viseur de la CPAM
À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, un kinésithérapeute installé depuis 1990 fait l'objet d'une procédure de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). L'organisme lui réclame le remboursement de plus d'un million d'euros pour une activité jugée excessive. En cause : le nombre de patients reçus chaque jour, qui atteint parfois 150 à 160, selon le praticien.
Un record dans un désert médical
Le kinésithérapeute exerce dans une zone classée comme désert médical. Depuis son installation dans un nouveau local en 2019, le flux de patients a augmenté progressivement. "Je n'ai jamais vu ça", confie un confrère. Le cadre légal prévoit une durée de soins de trente minutes par patient, ce qui limiterait théoriquement à 25 patients par jour pour une journée de douze heures. Pourtant, le kiné affirme traiter jusqu'à 150 personnes quotidiennement.
La technologie comme argument
Pour se défendre, le professionnel de santé de 62 ans évoque l'utilisation de machines modernes. "Le kiné qui se contente de simples massages, c'est fini. Désormais, grâce à la technologie, les patients sont plus autonomes et le travail, plus précis", explique-t-il au Parisien. Il ajoute : "La demande est très forte. Et j'ai une bonne réputation. Aujourd'hui, je suis obligé de refuser du monde."
Réaction des confrères et du Conseil de l'Ordre
Six kinésithérapeutes membres de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS 78) ont réagi dans un communiqué. Ils dénoncent "plusieurs approximations susceptibles de brouiller la compréhension du rôle réel du kinésithérapeute". La CPAM a saisi le Conseil de l'Ordre, qui reproche au praticien non pas de trop travailler, mais "de ne pas respecter certaines dispositions de la convention", selon les kinés de la CPTS 78. Le kiné risque un déconventionnement s'il ne réduit pas son activité.



