En Italie, un compromis politique inhabituel entre la majorité de droite et l’opposition de gauche pourrait déboucher sur la création d’un organisme public de soutien au cinéma. Selon les informations du Corriere della Sera, le texte de loi, qui doit être examiné au Parlement dans les prochaines semaines, prévoit la mise en place d’une agence nationale dotée d’un budget annuel de 150 millions d’euros.
Un accord transpartisan pour le 7e art
Le projet, porté conjointement par le député de la Ligue (droite) Alberto Bagnai et par la sénatrice du Parti démocrate (gauche) Laura Boldrini, vise à remplacer l’actuel système de financement géré par le ministère de la Culture. Selon Boldrini, « cet organisme garantira une plus grande transparence et une meilleure planification des investissements publics dans le cinéma ». Le compromis a été trouvé après plusieurs mois de négociations, les deux camps ayant mis de côté leurs divergences sur d’autres sujets pour sauver un secteur frappé par la baisse de fréquentation des salles.
Un budget dédié et des missions élargies
L’agence, qui pourrait s’appeler « Cinema Italia », aura pour mission de financer la production, la distribution et la promotion des films italiens, tant sur le territoire national qu’à l’étranger. Le texte prévoit également un soutien accru aux festivals et aux écoles de cinéma. Selon Bagnai, « il s’agit de donner au cinéma italien les moyens de concurrencer les productions internationales tout en préservant sa diversité culturelle ». Le budget de 150 millions d’euros serait abondé par une taxe sur les plateformes de streaming et par une partie des recettes de la loterie nationale.
Réactions et prochaines étapes
Les professionnels du secteur ont salué l’initiative. Le président de l’Association nationale des producteurs de films, Francesco Rutelli, a déclaré que « c’est une bouffée d’oxygène pour un secteur qui a perdu 30 % de ses spectateurs depuis 2019 ». Le texte doit être débattu en commission à la Chambre des députés à partir de septembre. Si le compromis tient, l’organisme pourrait être opérationnel dès le début de l’année 2027.



