Le roi Charles III a publié pour la première fois une déclaration fiscale volontaire, révélant qu'il a payé 4,9 millions de livres sterling d'impôts sur le revenu pour l'exercice 2022-2023. Ce montant correspond à un taux d'imposition d'environ 25 % sur ses revenus personnels, principalement issus du duché de Lancastre, un portefeuille de terres et de propriétés générant des bénéfices annuels.
Les revenus du souverain détaillés
La déclaration montre que Charles III a perçu 19,3 millions de livres de revenus nets du duché de Lancastre. Ce patrimoine, distinct de la Couronne, est géré de manière indépendante et finance les dépenses officielles et privées du monarque. Sur cette somme, 4,9 millions ont été reversés au Trésor sous forme d'impôts volontaires, un geste que le roi continue d'effectuer, comme le faisait sa mère, la reine Elizabeth II.
Le palais de Buckingham a souligné que le roi paie volontairement l'impôt sur le revenu et les plus-values, bien qu'il n'y soit pas légalement obligé. Selon un porte-parole, "Sa Majesté est fière de contribuer au financement des services publics".
Ce que la déclaration ne montre pas
La publication ne couvre pas l'intégralité des finances royales. Le duché de Lancastre est évalué à 652 millions de livres, mais le roi n'en est que l'usufruitier : le capital est inaliénable et ne peut être vendu. De plus, la déclaration ne détaille pas les dépenses officielles couvertes par la subvention souveraine (Sovereign Grant), qui provient des bénéfices du Crown Estate et s'élève à 86 millions de livres pour 2022-2023.
Les critiques estiment que cette transparence reste limitée. Margaret Hodge, députée travailliste, a déclaré : "C'est un pas dans la bonne direction, mais les citoyens ont le droit de savoir comment l'argent public est dépensé par la monarchie." La déclaration ne révèle pas non plus l'impôt sur la fortune ou les droits de succession, auxquels le roi est exempté en vertu d'un accord de 1993 avec le gouvernement.
Un geste de transparence inédit
Cette initiative intervient dans un contexte de pression croissante pour plus de transparence sur les finances royales. Charles III, qui a toujours plaidé pour une monarchie plus moderne, a choisi de publier ces chiffres annuellement. Le palais a précisé que le roi paie un taux d'imposition effectif de 25 %, bien que son revenu soit soumis à l'impôt au même titre que tout citoyen britannique.
En comparaison, le taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu au Royaume-Uni est de 45 % pour les revenus dépassant 125 140 livres. Le taux effectif de Charles III est donc inférieur, en raison de déductions liées aux dépenses officielles. Selon des experts fiscaux, cette déclaration reste un exercice limité, car elle ne permet pas de vérifier l'assiette exacte des revenus imposables.
Réactions et implications
La publication a suscité des réactions partagées. Les partisans de la monarchie y voient un signe de bonne volonté, tandis que les républicains réclament un contrôle parlementaire plus strict. Graham Smith, du groupe Republic, a estimé : "C'est un écran de fumée. Le roi devrait payer l'impôt comme tout le monde, et non de manière volontaire."
Cette déclaration pourrait relancer le débat sur le financement de la monarchie, alors que le Royaume-Uni traverse une crise du coût de la vie. Le Sovereign Grant est révisé tous les cinq ans, et une nouvelle évaluation est attendue pour 2024.



