Une décision historique au Parlement hongrois
Les députés hongrois ont adopté ce lundi une loi réduisant leur salaire de 40%, une mesure présentée comme un geste fort pour soutenir les finances publiques et lutter contre la corruption. La proposition, portée par le parti au pouvoir Fidesz, a été votée à une large majorité, avec 132 voix pour et 54 contre.
Cette baisse de salaire, qui s'appliquera dès le mois prochain, concerne les 199 membres de l'Assemblée nationale. Leur rémunération mensuelle passera ainsi d'environ 2 500 euros à 1 500 euros brut, une somme encore élevée par rapport au salaire moyen hongrois (environ 1 000 euros).
Un contexte de tensions budgétaires
La Hongrie fait face à un déficit public croissant, atteignant 6,7% du PIB en 2025, bien au-delà des limites européennes. Le gouvernement Orbán cherche à réduire les dépenses tout en maintenant ses mesures sociales. Cette baisse des salaires des députés s'inscrit dans un plan d'économies plus large, incluant des coupes dans les budgets ministériels.
Le Premier ministre Viktor Orbán a déclaré : "Nous devons montrer l'exemple. Les temps sont difficiles pour tous les Hongrois, et les élus doivent partager l'effort."
Une mesure controversée mais saluée par l'opposition
Si le parti Fidesz présente cette décision comme un acte de transparence, l'opposition, notamment le parti Momentum et le Parti socialiste, a critiqué le timing et l'ampleur de la mesure. "C'est un geste symbolique qui ne résoudra pas les problèmes structurels de corruption", a déclaré le député socialiste Gergely Bárándy.
Néanmoins, plusieurs organisations anticorruption, comme Transparency International Hongrie, ont salué l'initiative. "C'est un pas dans la bonne direction, mais il faut aller plus loin, notamment sur le financement des partis politiques", a commenté la directrice de l'ONG, Mária Tóth.
Les députés hongrois figurent parmi les mieux payés d'Europe centrale, et cette baisse pourrait influencer d'autres pays de la région. En Pologne, le débat sur la rémunération des élus est également récurrent.
Reste à savoir si cette mesure sera suivie d'effets dans la lutte contre la corruption, alors que la Hongrie est régulièrement pointée du doigt par l'Union européenne pour des manquements à l'état de droit.



