Hongrie : les think tanks pro-Orban démantelés
Hongrie : les think tanks pro-Orban démantelés

En Hongrie, les cercles de réflexion (think tanks) qui étaient généreusement financés par le gouvernement de Viktor Orban sont en voie de démantèlement. Selon des informations obtenues par Le Monde, plusieurs de ces organisations, qui servaient de relais idéologiques au pouvoir, ont vu leurs subventions supprimées ou considérablement réduites depuis le début de l'année 2026.

Une purge au sein de l'écosystème Orban

Cette situation s'inscrit dans le cadre d'une purge plus large qui touche les proches du Premier ministre hongrois. Alors que le Fidesz, le parti au pouvoir, fait face à des tensions internes croissantes, Orban a entrepris de se débarrasser de certains de ses alliés les plus fidèles. Les think tanks, qui étaient devenus des instruments de propagande et de formation des élites, sont les premières victimes de cette restructuration.

Parmi les organisations concernées figure notamment le Centre d'analyse des affaires européennes (CEAS), qui avait reçu plus de 2,5 millions d'euros de fonds publics en 2025. Selon un document interne consulté par Le Monde, le CEAS a été informé en mars 2026 que son financement serait réduit de 80 % pour l'année en cours. Un ancien cadre du CEAS, sous couvert d'anonymat, a déclaré : "C'est un choc. Nous étions considérés comme des piliers du système Orban. Aujourd'hui, on nous laisse tomber."

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Des conséquences sur le paysage politique hongrois

Ce démantèlement a des répercussions importantes sur le paysage politique hongrois. Les think tanks jouaient un rôle clé dans la formation des cadres du Fidesz et dans l'élaboration de politiques publiques alignées sur la ligne du parti. Leur disparition pourrait affaiblir la capacité du gouvernement à maintenir son emprise idéologique.

Selon une source proche du gouvernement, citée par le quotidien hongrois Népszava, Orban chercherait à recentrer le pouvoir autour de sa personne et à éliminer les centres d'influence potentiels. "Il ne tolère plus aucune concurrence, même de la part de ses propres alliés", explique cette source.

En parallèle, plusieurs figures clés de ces think tanks ont été écartées de leurs postes ou ont quitté le pays. L'un des plus influents, Balázs Orbán (sans lien de parenté avec le Premier ministre), ancien directeur du Centre d'études stratégiques, a été limogé en avril 2026. Son départ a été suivi par celui de plusieurs autres conseillers.

Un signal pour l'Union européenne

Cette purge intervient alors que l'Union européenne maintient la pression sur la Hongrie concernant l'état de droit. Bruxelles a gelé des milliards d'euros de fonds européens en raison de préoccupations liées à la corruption et à l'indépendance de la justice. Le démantèlement des think tanks pourrait être interprété comme une tentative d'Orban de montrer sa bonne volonté, mais les observateurs restent sceptiques.

"C'est une manœuvre de diversion", estime Péter Krekó, directeur du groupe de réflexion Political Capital à Budapest. "Orban ne se débarrasse pas de ses think tanks pour des raisons de transparence, mais pour consolider son pouvoir et éliminer les voix dissidentes au sein de son propre camp."

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