L'UE autorise le rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance
Feu vert de l'UE au rachat de WBD par Paramount Skydance

La Commission européenne a autorisé mercredi le rachat du studio hollywoodien Warner Bros Discovery (WBD) par le conglomérat américain Paramount Skydance, franchissant ainsi une étape réglementaire décisive pour cette opération hors norme. L’acquisition, qui valorise WBD à quelque 110 milliards de dollars dette comprise, n’a obtenu l’aval européen qu’au prix d’engagements destinés à préserver la concurrence sur le marché du cinéma en Europe.

Paramount Skydance doit se retirer du distributeur UIP

Paramount s’est ainsi engagé à se retirer, dans les treize mois suivant le rachat, du capital d’UIP. Le groupe codétient avec son concurrent Universal Pictures ce distributeur de films international basé à Londres, une configuration qui inquiétait les exploitants de salles. En confiant à UIP les œuvres produites par Warner, en plus de celles de Paramount et d’Universal, le rachat « aurait conduit à des conditions de distribution et de location dégradées pour les opérateurs de cinéma, au détriment des consommateurs », a expliqué la Commission.

Le retrait annoncé, assorti d’autres concessions – dont l’engagement de ne pas nouer de nouvelle alliance avec Universal pendant dix ans –, a suffi à lever ces réserves. « Ces engagements résolvent entièrement les problèmes de concurrence identifiés par la Commission, en garantissant que les films du groupe fusionné ne seront pas distribués conjointement avec ceux d’Universal ou de Disney », souligne l’exécutif européen.

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Deux catalogues parmi les plus riches de Hollywood

La fusion réunirait sous un même toit des franchises massives : d’un côté Paramount, avec CBS, Mission : Impossible, Star Trek ou Top Gun ; de l’autre Warner, avec CNN, Harry Potter et l’écurie DC Comics. Elle permettrait à la famille Ellison, propriétaire de Paramount Skydance et proche de Donald Trump, de contrôler deux chaînes d’information, CBS News et CNN, deux grands studios de cinéma, Paramount Pictures et Warner Bros, ainsi que deux plateformes de streaming, Paramount+ et HBO Max, soit plus de 200 millions d’abonnés cumulés.

Si aucun des deux groupes ne domine actuellement les marchés sur lesquels il opère, leur mariage concentrerait un peu plus un paysage hollywoodien déjà resserré.

Une opération suspendue au feu vert du Royaume-Uni

Le ministère américain de la Justice a, de son côté, déjà donné son feu vert. Balayant les craintes d’une large partie de Hollywood, le gouvernement américain estime que l’opération devrait renforcer la concurrence dans le streaming, où le nouvel ensemble pourra rivaliser plus efficacement avec Netflix, Amazon et Disney+. L’opération reste toutefois suspendue au feu vert du Royaume-Uni, plus incertain : fin juin, le gouvernement britannique, alors dirigé par Keir Starmer, avait annoncé qu’il pourrait lancer une procédure d’autorisation renforcée afin de garantir la pluralité des médias.

La Californie s’oppose à la fusion

Surtout, une douzaine d’États américains, emmenés par la Californie – où les studios génèrent de nombreux emplois –, contestent la prise de contrôle en justice, y voyant un risque pour la libre concurrence et les consommateurs. Lundi, une juge fédérale d’Oakland, saisie en référé, a ordonné la suspension du rachat le temps que l’affaire soit examinée sur le fond. Netflix, lui, avait jeté l’éponge fin février après cinq mois d’une guerre d’enchères pour Warner Bros Discovery, laissant le champ libre à Paramount Skydance.

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