Le Parlement grec a approuvé vendredi 23 juillet 2026 l'achat du système de défense aérienne israélien David's Sling, un contrat estimé à 2 milliards d'euros. Cette décision marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Athènes et l'État hébreu, dans un contexte de tensions régionales croissantes.
Un système de défense avancé
Le David's Sling, développé conjointement par Israël et les États-Unis, est conçu pour intercepter des missiles de courte et moyenne portée, ainsi que des roquettes. Il complète les systèmes Iron Dome (courte portée) et Arrow (longue portée) déjà utilisés par Israël. Selon le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, ce système "renforcera considérablement la capacité de la Grèce à protéger son espace aérien et ses infrastructures critiques".
Le contrat comprend l'acquisition de plusieurs batteries de missiles, des radars et des centres de commandement, ainsi que la formation des équipages grecs. La livraison est prévue dans un délai de trois à quatre ans. Le financement sera assuré par le budget national et des fonds européens alloués à la sécurité.
Un rapprochement stratégique avec Israël
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un renforcement des liens entre la Grèce et Israël, notamment dans les domaines de la défense, de l'énergie et du tourisme. Les deux pays ont signé plusieurs accords de coopération militaire ces dernières années, incluant des exercices conjoints et des échanges de renseignements. "Ce partenariat est crucial pour la stabilité en Méditerranée orientale", a déclaré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.
Le rapprochement avec Israël est également motivé par les tensions avec la Turquie, voisine et rivale historique de la Grèce. Ankara a multiplié les incursions dans les eaux territoriales grecques et contesté la souveraineté d'Athènes sur certaines îles. L'acquisition du David's Sling vise à dissuader toute agression turque et à équilibrer les capacités militaires dans la région.
Réactions et implications
L'opposition grecque a critiqué le coût élevé du contrat, estimant que ces fonds pourraient être mieux utilisés pour les services sociaux. Le parti SYRIZA a dénoncé une "course aux armements inutile" et appelé à un débat public sur la politique de défense. Cependant, le gouvernement a justifié la dépense par la nécessité de moderniser les forces armées grecques, vieillissantes.
Du côté israélien, l'approbation du contrat a été saluée comme un succès pour l'industrie de défense du pays. "C'est une reconnaissance de la fiabilité et de l'efficacité de nos systèmes", a réagi le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz. Ce contrat pourrait ouvrir la voie à d'autres ventes d'armements israéliens à des pays européens.
L'Union européenne, par la voix de son haut représentant pour les Affaires étrangères, a pris acte de la décision grecque, soulignant qu'elle relevait de la souveraineté nationale. Bruxelles a toutefois rappelé l'importance d'une coordination en matière de défense au sein de l'UE. La Turquie n'a pas officiellement commenté, mais des sources diplomatiques turques ont exprimé leur inquiétude face à ce renforcement militaire grec.



