Les bureaux du PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, ainsi que ceux de ses proches lieutenants, ont été perquisitionnés le 3 février dans le cadre d'une enquête du Parquet national financier (PNF) pour manipulation de cours. La procédure a été déclenchée par une plainte de l'ex-PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, lui-même condamné en janvier, a indiqué une source judiciaire le 23 juillet.
Carrefour réfute les accusations
Carrefour a confirmé l'information, précisant qu'il s'agit d'une perquisition datant de six mois. Le groupe "réfute fermement toutes les accusations" et rappelle qu'une perquisition est un acte de procédure classique dans ce type d'affaire. La plainte de Jean-Charles Naouri, déposée le 9 juillet 2024 avec constitution de partie civile, vise des faits de manipulation de cours, délits d'initiés et association de malfaiteurs. Le réquisitoire introductif du 3 juin 2025 inclut également des chefs de diffusion d'informations fausses ou trompeuses, corruption privée active, complicité et recel.
Une enquête sur les rivalités passées
Selon le média La Lettre, les juges d'instruction s'intéressent à une éventuelle tentative de rapprochement entre Carrefour et Casino en septembre 2018, ainsi qu'à des supposées attaques de Carrefour contre Casino via des fonds de vente à découvert. Le groupe Casino a été condamné le 29 janvier à une amende de 40 millions d'euros, dont 20 millions avec sursis, dans le procès pour corruption impliquant son ex-PDG. Jean-Charles Naouri a écopé de quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis pour corruption et diffusion d'informations fausses. Il a annoncé son intention de faire appel.
Le siège de Lazard également perquisitionné
La section de recherches de Paris de la gendarmerie nationale est chargée de l'enquête. Selon La Lettre, le siège de la banque Lazard, qui conseillait Carrefour en 2018 sur un projet d'OPA contre Casino, a également été perquisitionné. Le patron de Lazard, Peter Orszag, a déclaré lors d'une conférence de presse : "Nous collaborons toujours avec les autorités", ajoutant que la banque n'est pas directement mise en cause.



