Ferme épargnée par les flammes, mais clients en fuite
Ferme épargnée par les flammes, mais clients en fuite

À Correns, dans le Var, la ferme maraîchère Le Jardin l’orée d’Argens a été épargnée par les flammes, mais l’incendie du Gros Bessillon a laissé des traces économiques profondes. Coralie Gautier, la maraîchère, constate une baisse drastique de sa clientèle, surtout touristique, alors que l’été représente la moitié de son revenu annuel.

Une activité en demi-teinte

Ce samedi matin, quelques clients viennent acheter des légumes frais, mais l’affluence est loin d’être habituelle. « Depuis le début de l’incendie, c’est la première fois que je peux reprendre une activité normale. Mais c’est plutôt timide. Les seuls clients sont les gens du coin. Les touristes ne sont pas là », explique Coralie Gautier. Cette absence estivale est un coup dur pour l’exploitation de deux hectares.

« L’été, je réalise 50 % de mon chiffre d’affaires annuel. Si je ne rentre pas l’argent pendant la belle saison, je ne sais pas comment je vais faire pour vivre l’hiver prochain. Sans compter que j’ai deux salariés à payer et des charges ! », confie-t-elle, inquiète.

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Des pertes déjà énormes

Bien que les serres n’aient pas fondu, l’activité a été fortement perturbée. « Pendant 17 jours, la population a été confinée, évacuée, bloquée en raison de la fermeture de certaines routes. Je n’ai presque pas pu vendre mes légumes », précise-t-elle. Les pertes financières s’accumulent, malgré la solidarité locale.

Le 3 août, elle a organisé une vente solidaire pour écouler 500 à 800 kg de légumes à 1 euro le kilo. « Il y a eu pas mal de monde », raconte-t-elle. Les invendus ont été donnés aux cochons de la ferme du Bessillon, dont les animaux avaient été évacués chez des amis.

Un avenir incertain

La dépendance au tourisme est criante. « Les vacanciers sont très nombreux à avoir annulé leurs locations. Je peux les comprendre. Et il n’est pas dit qu’ils reviennent de sitôt. Regardez autour de vous : la Provence Verte qui faisait l’attrait du village a disparu. Même le Vallon Sourn a été défiguré », déplore Coralie Gautier.

Elle espère faire entendre sa détresse au préfet du Var, attendu à Correns ce mardi 13 août, pour obtenir des aides et attirer à nouveau les visiteurs.

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