Sauvetage d'un goéland blessé à Antibes : Océane Crisano raconte
Goéland sauvé à Antibes : Océane Crisano témoigne

Océane Crisano, 26 ans, a réussi à sauver un jeune goéland leucophée blessé à Antibes, dans les Alpes-Maritimes, après une semaine de soins intensifs à domicile. L'oiseau, prénommé Jojo, a finalement été relâché dans la nature, au grand soulagement de sa sauveteuse.

Une découverte fortuite au bord de la mer

Tout commence le dimanche 12 juillet 2026, alors qu'Océane et son compagnon sortent du cinéma dans le quartier Marenda-Lacan à Antibes. Ils aperçoivent un jeune goéland leucophée visiblement en détresse. « Je me suis approchée et j'ai constaté que son aile pendait, ce qui est généralement le signe d'une fracture », explique la jeune femme, passionnée par les animaux.

Ne pouvant se résoudre à laisser l'oiseau déshydraté, Océane tente de contacter la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), sans succès. Elle décide alors d'intervenir : elle recouvre délicatement le goéland d'une serviette propre et l'attrape avec précaution. Direction Peillon, où elle habite, pour prodiguer les premiers soins.

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Des soins intensifs à domicile

Dans une pièce isolée de sa maison, Océane installe Jojo et commence un traitement de réhydratation. « Dans un premier temps, je lui ai administré de petites quantités d'eau toutes les quinze minutes, afin de réhydrater peu à peu son organisme », détaille-t-elle. Cette méthode, héritée de son expérience familiale – elle a déjà sauvé une chouette prisonnière de ronces –, s'avère efficace.

Mais très vite, la jeune femme se heurte à un problème de taille : aucune structure locale ne semble en mesure de prendre en charge l'animal. Les associations Totem et Instinct Animal lui opposent une fin de non-recevoir. « Elles m'ont informée qu'elles ne prenaient pas en charge les goélands. Je me suis retrouvée au pied du mur », se souvient-elle.

La raison invoquée : la prise en charge de ces oiseaux exige des infrastructures importantes pour les soigner et les rééduquer, des équipements que ces organismes ne possèdent pas faute de budget. Une situation qu'Océane déplore : « Je ne leur jette pas la pierre, mais il n'est pas normal que certains animaux soient soignés et que d'autres soient abandonnés, sous prétexte qu'ils ont des besoins spécifiques. Il faut une véritable remise en question collective. »

Un espoir inespéré à la clinique vétérinaire

Consciente qu'elle ne peut pas garder un animal protégé par la loi chez elle, Océane se tourne vers la clinique vétérinaire de Lingostière, à Nice, qui dispose d'un pôle d'urgence pour la faune sauvage. « J'étais persuadée que j'allais devoir lui dire adieu », confie-t-elle avec émotion. Elle prend rendez-vous et, après plusieurs jours de soins, conduit Jojo à la clinique.

Le verdict du vétérinaire est inattendu : « Il m'a appelée avec une nouvelle que je n'oublierai jamais : ses fractures étaient anciennes et déjà consolidées. Elles ne l'empêchaient plus de vivre normalement ! » Une immense joie pour Océane, qui avait craint le pire.

Des adieux émouvants

Le moment de la libération est chargé d'émotion. Océane choisit un endroit paisible au bord de l'eau, où la faune sauvage est préservée. Jojo déploie ses ailes, sautille, puis s'envole. « Il avait conservé son instinct sauvage et cherchait lui-même sa nourriture. Cela a été un immense soulagement », raconte-t-elle, après avoir observé l'oiseau pendant plusieurs heures.

Avant de partir définitivement, Jojo offre un dernier spectacle à sa bienfaitrice : « Il a effectué un grand cercle dans le ciel, m'a frôlée, puis est revenu se poser quelques instants tout près de moi. J'ai vécu cet instant comme une dernière interaction avant qu'il ne reparte définitivement vers sa vie sauvage. »

Une aventure inoubliable pour Océane Crisano : « Je suis passée par toutes les émotions imaginables », sourit-elle. Et pour preuve que Jojo se porte bien, elle assure avoir aperçu le jeune goéland « haut dans le ciel » lors d'une visite sur les lieux début août.

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