Le 19 juin 2026, lors du conseil municipal de Nice, Olivier Breuilly, adjoint aux Finances d'Éric Ciotti, a dénoncé ce qu'il a qualifié de « génie dépensier de l'équipe précédente ». Il a pointé du doigt la rénovation d'un « escalier de secours » en marbre, réalisée en 2021 sous le mandat de Christian Estrosi, pour un montant de « plus de 300 000 euros », soit « 20 000 euros la marche ». Une déclaration qui a provoqué l'indignation des élus de l'ancienne majorité.
Des factures qui contredisent les chiffres avancés
Après vérification, les factures consultées par Nice-Matin révèlent un coût total TTC de 82 068 euros, soit près de quatre fois moins que le montant annoncé. Deux entreprises ont été sollicitées sur ce marché à bon de commande : la première pour la maçonnerie (60 000 euros) et la seconde pour les ferronneries et garde-corps (22 068 euros).
Le détail du devis précise que le revêtement de sol en marbre se compose en réalité de carreaux antidérapants à 99 euros l'unité, posés sur une chape en béton. Rapporté à la surface de 20 mètres carrés, le coût du parement ne dépasse pas 2 000 euros, inclus dans les 60 000 euros de gros œuvre. Le reste de cette somme couvre les travaux de maçonnerie structurelle.
La majorité Ciotti évoque un second escalier
Pour justifier l'écart entre les 300 000 euros avancés et les 82 000 euros facturés, l'entourage d'Éric Ciotti a avancé l'existence d'un second escalier dont les travaux atteindraient 280 000 euros. Une affirmation catégoriquement rejetée par Anthony Borré, ancien premier adjoint de Christian Estrosi : « Complètement faux ! Il n'y a pas d'autre escalier que celui en bois débouchant sur la ruelle des Prisons, que nous avons réhabilité parce qu'il menaçait ruine. Une opération que nous avons réalisée dans le cadre du plan global de rénovation bâtimentaire de l'hôtel de ville que nous avons engagé dès 2008. »
Une polémique politique à quelques mois des municipales
Cette controverse intervient dans un contexte électoral tendu, à l'approche des élections municipales de 2026. L'opposition dénonce une manipulation de l'opinion publique par la majorité Ciotti, tandis que celle-ci maintient ses accusations de gestion dispendieuse sous l'ère Estrosi. Le groupe des treize, issu de l'ancienne équipe, avait dénoncé « un coup de communication » monté de toutes pièces dès la fin du conseil municipal.
Reste à savoir si de nouvelles pièces viendront éclaircir ce litige. En attendant, la facture réelle de 82 068 euros pose question sur la fiabilité des chiffres avancés en séance publique.



