Emmanuel Grand : un empire industriel à la morale fluctuante
Emmanuel Grand : empire industriel à la morale fluctuante

Dans son dernier ouvrage, le journaliste Emmanuel Grand dévoile les coulisses d'un empire industriel français, dont la réussite économique cache des pratiques éthiques discutables. Publié aux éditions Seuil, le livre intitulé Un empire industriel à la morale fluctuante s'appuie sur une enquête de plusieurs années.

Une enquête approfondie

Emmanuel Grand a mené des investigations approfondies, interviewant d'anciens employés, des concurrents et des experts du secteur. Il met en lumière comment cette entreprise, devenue un leader mondial dans son domaine, a bâti sa fortune sur des méthodes parfois contestables.

Selon l'auteur, le groupe aurait régulièrement contourné les réglementations environnementales dans ses usines à l'étranger, tout en bénéficiant de subventions publiques en France. « C'est un système où la rentabilité prime sur toute autre considération », explique Grand dans une interview au journal Libération.

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Des chiffres qui parlent

Le livre révèle que l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros en 2025, avec une marge nette de 15 %. Pourtant, selon l'enquête, 30 % de ses bénéfices proviendraient de paradis fiscaux, via des montages juridiques complexes.

Grand souligne également que le groupe a été condamné à trois reprises pour corruption à l'international, mais ces affaires ont été peu médiatisées. « La justice suit son cours, mais les amendes sont dérisoires par rapport aux profits engrangés », déplore-t-il.

Impact sur les salariés et les territoires

L'ouvrage aborde aussi les conséquences sociales : des milliers de suppressions de postes en France alors que l'entreprise investit massivement dans des pays à bas coûts de main-d'œuvre. « On assiste à une forme de dumping social », affirme l'auteur, citant le cas d'une usine fermée dans le Nord en 2023, tandis qu'une nouvelle unité ouvrait au Maroc.

Les syndicats, interrogés par Grand, dénoncent un « mépris du dialogue social ». Un ancien cadre confie : « La direction ne voit que les résultats trimestriels. La morale, c'est un concept qui n'existe pas dans leurs réunions. »

Réactions de l'entreprise

Contactée par Libération, la direction du groupe a contesté les accusations, affirmant que « l'entreprise respecte scrupuleusement les lois et les normes éthiques ». Elle a également annoncé son intention de poursuivre l'auteur pour diffamation.

Mais Grand reste confiant : « J'ai des preuves, des documents internes, des témoignages. Ce livre n'est pas une attaque personnelle, mais un constat sur un système qui gangrène notre économie. »

Un débat nécessaire

Au-delà du cas particulier, l'enquête pose des questions plus larges sur la responsabilité des grandes entreprises et le rôle des États dans la régulation. Alors que le débat sur la moralisation du capitalisme est relancé, ce livre apporte une contribution précise et documentée.

L'ouvrage, qui sort le 15 juillet, suscite déjà des réactions dans le monde politique et économique. Plusieurs parlementaires ont annoncé leur intention de saisir la commission d'enquête parlementaire sur les pratiques des multinationales.

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