EasyJet accepte une offre de rachat de 6 milliards d'euros du fonds Castlelake
EasyJet rachetée pour 6 milliards d'euros par Castlelake

Le conseil d'administration d'EasyJet a annoncé ce lundi avoir accepté une offre de rachat de 6 milliards d'euros émanant du fonds d'investissement américain Castlelake. Cette opération, qui valorise la compagnie à environ 7,5 milliards d'euros dette incluse, fait d'EasyJet la deuxième compagnie aérienne européenne à passer sous contrôle américain après l'acquisition de Brussels Airlines par Lufthansa.

Détails de l'offre et réactions

L'offre de Castlelake, un fonds spécialisé dans les infrastructures de transport, s'élève à 1 200 pence par action, soit une prime de 35 % par rapport au cours de clôture de vendredi. Selon un communiqué conjoint, l'opération sera financée par une combinaison de dette et de fonds propres, et devrait être finalisée d'ici la fin de l'année 2026, sous réserve des approbations réglementaires.

Johan Lundgren, directeur général d'EasyJet, a déclaré : « Cette offre reconnaît la valeur de notre marque, de notre réseau et de notre personnel. Nous sommes confiants dans la capacité de Castlelake à soutenir notre croissance future tout en préservant notre ADN low-cost. » De son côté, un porte-parole de Castlelake a souligné que le fonds « s'engage à maintenir les opérations et l'emploi au Royaume-Uni, tout en investissant dans la modernisation de la flotte et l'expansion des routes. »

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Impact sur le marché et la concurrence

Cette acquisition intervient dans un contexte de consolidation du secteur aérien européen, marqué par la reprise post-pandémie et la hausse des coûts du carburant. EasyJet, qui transportait 89 millions de passagers en 2025, voit dans cette opération un moyen de renforcer sa position face à des concurrents comme Ryanair et Wizz Air. Selon une analyse de la banque d'investissement Barclays, le rachat par Castlelake pourrait permettre à EasyJet d'accélérer ses investissements dans les carburants durables et l'optimisation des coûts.

L'annonce a provoqué une hausse de 28 % de l'action EasyJet à la Bourse de Londres, tandis que les titres de Ryanair et Wizz Air ont légèrement reculé, les investisseurs anticipant une concurrence accrue. Les syndicats de la compagnie ont exprimé des inquiétudes quant aux possibles suppressions de postes, mais Castlelake s'est engagé à « préserver les emplois existants dans un premier temps ».

Contexte et perspectives

EasyJet, fondée en 1995, est la deuxième compagnie low-cost européenne derrière Ryanair. Elle emploie environ 15 000 personnes et opère depuis 35 bases, principalement au Royaume-Uni, en France, en Italie et en Allemagne. Castlelake, basé à New York, gère 45 milliards de dollars d'actifs et possède déjà des participations dans plusieurs compagnies aériennes, dont Air France-KLM et le transporteur américain JetBlue.

Cette acquisition marque un tournant dans la géopolitique du transport aérien européen, avec une présence accrue des fonds américains dans le secteur. Selon une étude du cabinet Oliver Wyman, les investisseurs américains détiennent désormais près de 20 % des parts de marché des compagnies européennes, contre 12 % en 2020. L'opération devra être validée par les autorités de la concurrence britanniques et européennes, qui pourraient imposer des conditions pour préserver la concurrence sur les liaisons court-courriers.

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