Depuis 2024, Bruno, un Toulousain de 45 ans, effectue des dons mensuels à l'État français. Son objectif : contribuer à réduire la dette publique, qui a atteint 3 500 milliards d'euros. À ce jour, il a donné 800 euros, un geste qu'il considère à la fois citoyen et symbolique.
Un geste citoyen face à la dette
« On parle de la dette depuis plusieurs années. Elle ne fait qu'augmenter. La question que je me posais était : comment moi, simple citoyen, à mon niveau, je pouvais agir pour lutter ? » explique Bruno. Cet ancien réserviste a commencé par un don de 150 euros en 2024, puis 100 euros en 2025, et déjà 550 euros en 2026. Il tient un suivi précis de ses versements et de ceux d'autres particuliers ou entreprises mentionnés au Journal officiel.
« Je suis satisfait de faire quelque chose, même si c'est très mince, mais ce qui me satisfait encore plus, c'est de voir qu'il y a d'autres Français qui ont décidé de contribuer », confie-t-il.
Un débat qui divise
Bruno a suscité des réactions contrastées autour de lui. « J'ai été amené à discuter avec plusieurs membres de ma famille ou de mon entourage. Je me suis fait ravager sur les réseaux sociaux. Beaucoup de Français ont l'avis que c'est totalement irresponsable de le faire parce que ça permet au gouvernement de mal allouer des ressources », raconte-t-il. Il répond : « Moi, mon avis, c'est que le gouvernement, c'est nous. On est en démocratie. Et est-ce qu'on ne doit pas aider son pays quand il est dans la difficulté ? »
Un écopage symbolique
Conscient de la modestie de son geste, Bruno compare ses dons à un écopage dans un bateau percé. « Ça reste toutefois du domaine du symbole. Du point de vue budgétaire, le bateau est percé, alors j'écope. Ce n'est pas une solution curative, c'est une solution palliative. » Il espère néanmoins inspirer d'autres citoyens. « La dette et le budget, c'est ce qui conditionne un peu tout. On le voit en ce moment avec les incendies, ou les hôpitaux qui ont dû acheter des climatiseurs au pied levé. »
Des dons sans avantage fiscal
Contrairement aux dons aux associations d'utilité publique, ceux versés à l'État n'ouvrent droit à aucune réduction d'impôt, précise le ministère de l'Économie. Bruno a dû réduire ses virements ces derniers mois, passant d'environ 50 euros mensuels à un montant moindre, en raison de la hausse du prix du carburant liée au conflit en Iran. « Est-ce que moi, simple Français, je vais réussir à changer ça ? Non, je ne pense pas. Je me contente d'écoper. Voilà. »



