Un an avant la présidentielle : la dette au cœur des débats ?
Une année nous sépare désormais d'une élection majeure, la présidentielle. Il est aujourd'hui difficile de prédire avec certitude quels seront les grands thèmes qui animeront la campagne. Cependant, plus encore que lors des scrutins précédents, les questions de la dette publique, du financement de notre modèle social et de sa soutenabilité devraient occuper une place centrale dans les discussions.
L'analyse percutante d'Olivier Klein
C'est en tout cas le vœu formulé par Olivier Klein, économiste reconnu et directeur général de banque, qui vient de publier l'essai "Dette, réformes et démocratie" aux éditions Décryptage. Pour ce professeur à HEC, la dérive inquiétante de la dette ne constitue pas seulement un problème économique et financier. Elle représente également le symptôme alarmant d'une démocratie qui aurait, selon lui, perdu la notion fondamentale de limites.
En cherchant à maximiser immédiatement la satisfaction individuelle par une extension continue et souvent inconsidérée des droits, le système politique et social détruit progressivement, mais sûrement, les conditions mêmes qui permettent la liberté, l'autonomie, la prospérité partagée et la solidarité nationale.
Un risque anesthésié par la monnaie unique
Dans un entretien accordé à L'Express, Olivier Klein développe sa pensée. Alors que les sentiments de décrochage et de déclassement traversent profondément l'opinion publique, il estime que la question de la dette et de sa soutenabilité doit impérativement se retrouver au centre des débats pré-électoraux. "Oui, et je l'espère", affirme-t-il. "Et si ce n'était pas le cas, ce serait une erreur grave."
Il nuance toutefois le risque immédiat : "Comme nous appartenons à la zone euro, le risque d'une crise financière à court terme est certes assez limité. La monnaie unique nous protège et nous anesthésie simultanément." Il ajoute une mise en perspective historique : "Et si nous ne l'avions pas, cela ferait longtemps que nous aurions dû dévaluer et que les taux d'intérêt seraient infiniment plus élevés."
Son avertissement est donc double : la protection offerte par l'euro ne doit pas masquer l'urgence des réformes structurelles nécessaires pour assurer la pérennité du modèle français face à l'endettement croissant.



