Dette d'Altice : Drahi et ses créanciers, nouveau bras de fer
Dette d'Altice : nouveau bras de fer entre Drahi et créanciers

Patrick Drahi et les créanciers d'Altice International se préparent à un nouveau bras de fer concernant la dette du groupe, qui s'élève à environ 60 milliards d'euros. Selon les informations de Libération publiées le 12 août, les négociations sur la restructuration de la dette pourraient aboutir à un accord avant la fin de l'année, mais les tensions restent vives.

Un litige sur les modalités de restructuration

Le désaccord porte principalement sur les modalités de la restructuration. Les créanciers, menés par des fonds d'investissement, réclament une conversion d'une partie de la dette en actions, ce qui diluerait la participation de Patrick Drahi. Ce dernier, qui contrôle Altice via sa holding personnelle, souhaite conserver le contrôle du groupe tout en allégeant sa charge financière.

Les discussions, entamées il y a plusieurs mois, ont connu des avancées significatives, mais un point de blocage demeure : la valorisation des actifs d'Altice International, notamment ses activités dans les télécoms en Europe et aux États-Unis. Les créanciers estiment que ces actifs valent moins que ce que prétend le groupe, ce qui justifierait une décote plus importante.

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Les enjeux pour l'avenir du groupe

L'issue de ces négociations est cruciale pour l'avenir d'Altice, qui a accumulé une dette colossale lors de ses acquisitions successives, notamment aux États-Unis avec SFR et en Europe avec Altice Europe. Une restructuration réussie permettrait de réduire le fardeau de la dette et de stabiliser le groupe, mais elle pourrait se faire au prix d'une perte de contrôle pour Drahi.

Selon une source proche des négociations, les créanciers sont prêts à accepter un accord si Patrick Drahi accepte de céder une partie de ses droits de vote. En échange, ils pourraient accorder un délai supplémentaire pour le remboursement de certaines échéances. Mais Drahi, connu pour sa détermination, pourrait résister à ces exigences.

Vers un accord avant la fin de l'année ?

Les deux parties ont intérêt à trouver un compromis avant l'échéance de certaines obligations, prévue en 2027. Un défaut de paiement entraînerait des conséquences désastreuses pour le groupe, mais aussi pour les créanciers, qui perdraient une partie de leurs investissements. Les analystes estiment qu'un accord est probable, mais qu'il pourrait prendre encore plusieurs mois de négociations.

En attendant, le titre Altice Europe a chuté de 15% depuis le début de l'année, reflétant les inquiétudes des investisseurs. La direction du groupe a réaffirmé sa volonté de parvenir à un accord, mais sans donner de détails sur les concessions qu'elle serait prête à faire.

Ce nouveau bras de fer s'inscrit dans un contexte plus large de restructuration de la dette d'Altice International, qui avait déjà été renégociée en 2022. Cette fois, la pression est plus forte, car les créanciers sont plus nombreux et plus organisés. L'issue des discussions pourrait redéfinir l'équilibre du pouvoir au sein du groupe et influencer l'ensemble du secteur des télécoms.

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