La dette publique des États-Unis a franchi un nouveau cap symbolique en dépassant pour la première fois les 40 000 milliards de dollars, selon les données publiées par le Trésor américain. Ce seuil historique, atteint le 20 août 2026, marque une accélération de l'endettement du pays sous l'effet des dépenses fédérales et des baisses d'impôts.
Un record qui interroge la soutenabilité budgétaire
Le Trésor américain a indiqué que la dette totale s'élève désormais à 40 002 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 2 000 milliards en un an. Cette progression rapide s'explique en partie par les programmes de relance économique et les réductions fiscales mises en œuvre par l'administration Biden. Selon le Congressional Budget Office (CBO), le déficit budgétaire devrait atteindre 1 800 milliards de dollars en 2026, soit 6,5 % du PIB.
Ce chiffre record suscite des débats parmi les économistes. Certains, comme l'ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers, estiment que "le niveau d'endettement actuel n'est pas viable à long terme et pourrait entraîner une hausse des taux d'intérêt". D'autres, en revanche, jugent que la dette reste gérable tant que la croissance économique dépasse le coût de l'emprunt.
Les conséquences sur les marchés financiers
Le dépassement du seuil des 40 000 milliards a déjà eu un impact sur les marchés obligataires. Le rendement des obligations d'État à 10 ans a grimpé à 4,8 %, son plus haut niveau depuis 2007, reflétant les inquiétudes des investisseurs quant à la soutenabilité de la dette. La Réserve fédérale (Fed) a récemment maintenu ses taux directeurs à 5,5 %, malgré les appels à une baisse pour stimuler l'économie.
Selon une analyse de la banque Goldman Sachs, "le ratio dette/PIB des États-Unis devrait atteindre 110 % d'ici 2030, contre 97 % actuellement, ce qui pourrait limiter la capacité du gouvernement à répondre à de futures crises". Cette perspective inquiète les marchés, qui redoutent une dégradation de la note de crédit américaine. L'agence Moody's a déjà abaissé la perspective de la note AAA à négative en 2025.
Les réactions politiques à Washington
À Washington, ce record a ravivé les tensions entre démocrates et républicains sur la gestion budgétaire. Le président Joe Biden a déclaré que "la priorité est de réduire le déficit tout en investissant dans les infrastructures et la transition énergétique". De son côté, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a accusé l'administration Biden de "dépenser sans compter, mettant en péril l'avenir des générations futures".
Le débat sur le plafond de la dette, qui a été suspendu jusqu'en 2027, pourrait refaire surface lors des prochaines élections de mi-mandat en 2026. Selon un sondage du Pew Research Center, 68 % des Américains estiment que la dette est un problème majeur, mais les avis divergent sur les solutions à adopter.
En attendant, la dette américaine continue de croître à un rythme de 1 000 milliards de dollars tous les six mois, selon les projections du CBO. Les prochaines années seront décisives pour déterminer si les États-Unis parviennent à stabiliser leur endettement sans compromettre leur croissance économique.



