Le nombre de demandeurs d'emploi en France métropolitaine a augmenté de 1,2% au deuxième trimestre 2023, soit une hausse de 45 000 inscrits supplémentaires par rapport au trimestre précédent, selon les données publiées par la Dares (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) ce vendredi. Cette hausse concerne l'ensemble des catégories (A, B, C) et toutes les classes d'âge, mettant fin à une tendance encourageante observée fin 2022.
Un retournement de tendance après deux trimestres de baisse
Après un recul de 0,9% au premier trimestre 2023 et de 0,5% au quatrième trimestre 2022, le nombre de chômeurs repart à la hausse. Selon la Dares, cette augmentation est principalement portée par les demandeurs d'emploi de catégorie A (tenus de rechercher un emploi), qui progressent de 1,5% sur le trimestre. Les catégories B et C (activité réduite) augmentent également, respectivement de 0,8% et 1,1%.
Le ministère du Travail a commenté ces chiffres en insistant sur la nécessité de « rester prudent dans l’interprétation d’un seul trimestre ». « La dynamique de l’emploi reste positive sur un an, avec une baisse de 0,6% du nombre de demandeurs d’emploi en glissement annuel », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Des disparités selon les régions et les âges
L'augmentation du chômage est inégalement répartie sur le territoire. Les régions les plus touchées sont l'Île-de-France (+1,8%), les Hauts-de-France (+1,5%) et la Provence-Alpes-Côte d’Azur (+1,4%). À l’inverse, la Bretagne et les Pays de la Loire enregistrent des hausses plus modérées, autour de 0,5%.
Par tranche d'âge, les jeunes (moins de 25 ans) subissent la plus forte augmentation, avec +2,1% d'inscrits supplémentaires. Les 25-49 ans progressent de 1,1%, tandis que les seniors (50 ans et plus) voient leur nombre augmenter de 0,8%. Ces chiffres confirment une fragilité persistante des jeunes sur le marché du travail.
Un impact sur les politiques publiques
Cette hausse intervient dans un contexte de ralentissement économique et de tensions sur certains secteurs. Le gouvernement, qui mise sur le plein emploi d'ici 2027, devra ajuster ses dispositifs. « Ces chiffres montrent que les efforts doivent se concentrer sur l'accompagnement des jeunes et des seniors, deux publics particulièrement exposés », a analysé un expert du marché du travail interrogé par Libération.
Parmi les explications avancées, la Dares évoque un effet saisonnier moins favorable et des difficultés de recrutement dans certains métiers. Le nombre d'offres d'emploi collectées par Pôle emploi a légèrement fléchi sur la période, passant de 340 000 à 325 000. « Il est encore trop tôt pour parler d'un retournement structurel, mais nous surveillons de près les prochains mois », a ajouté le ministère.



