Pourquoi la Côte d’Azur est devenue un studio à ciel ouvert pour les tournages
Côte d’Azur : un studio à ciel ouvert pour les tournages

La Côte d’Azur s’impose comme un véritable studio à ciel ouvert, attirant des productions prestigieuses comme The White Lotus ou Emily in Paris. Selon le bilan 2025 de la Commission du film des Alpes-Maritimes, le territoire a enregistré 1 480 jours de tournage, générant des retombées économiques directes de 52 millions d’euros. Ce dynamisme repose sur un cadre exceptionnel, une organisation rodée et des dispositifs fiscaux attractifs.

Une attractivité renforcée par les séries et plateformes

L’année 2025 marque un tournant avec la prédominance des séries TV et des productions destinées aux plateformes de streaming. Ces fictions représentent plus de huit mois de présence sur le terrain. Parmi les titres phares, on retrouve Emily in Paris (saison 5) pour Netflix, tournée à Villefranche-sur-Mer, Saint-Jean-Cap-Ferrat et Saint-Tropez, ainsi que Rallye 82, une mini-série retraçant l’histoire de Michèle Mouton pour HBO Max. Sept longs-métrages ont également été produits, dont Le Mage du Kremlin d’Olivier Assayas et Le Rêve américain d’Anthony Marciano.

Une géographie variée au service des réalisateurs

La diversité des paysages est un atout majeur. Entre littoral et arrière-pays, les productions peuvent trouver des décors contrastés : du glamour de la Riviera aux campagnes préservées ou aux hautes montagnes, accessibles en moins d’une heure. Camille Feret, responsable de la Commission du film, souligne que « les productions jouent énormément sur cette dualité » et que l’équipe travaille à ouvrir les portes des réalisateurs au-delà du littoral. Ainsi, des communes comme Sospel ont accueilli des tournages, transformant la place du village en décor espagnol pour le blockbuster Heads of State.

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Des retombées économiques majeures

Le secteur cinématographique est devenu un pilier économique pour le département. En 2025, les retombées directes ont atteint 52 millions d’euros, incluant rémunérations, location de décors et dépenses logistiques. L’hébergement a bénéficié de plus de 28 000 nuitées générées par les équipes de production, et près de 10 800 emplois (techniciens, comédiens, figurants) ont été créés. En ajoutant les bénéfices indirects liés à l’image et au tourisme, l’impact global est estimé à plus de 120 millions d’euros.

Une organisation locale efficace

Pour faciliter les tournages, les communes s’organisent avec des bureaux dédiés. Plus d’une trentaine de villes des Alpes-Maritimes sont membres de la Commission du film. Nice et Cannes disposent de leurs propres bureaux d’accueil. La commission a élaboré un « guide des tournages » pour aider les élus à gérer l’accueil de A à Z, en conciliant besoins des productions et vie des habitants. Vence, par exemple, a un bureau des tournages depuis 15 ans, qui favorise la promotion de la commune et valorise ses atouts patrimoniaux.

Un territoire caméléon

La Côte d’Azur sait se transformer pour simuler d’autres lieux. Environ 10 à 15 % des demandes concernent des décors qui ne sont pas censés représenter la région. Ainsi, Cannes et Antibes ont joué Los Angeles dans The Substance, Sospel a figuré un village espagnol, le port de Nice a représenté Trieste, et Théoule-sur-Mer, la Croatie. Cette flexibilité géographique est un atout pour les productions internationales cherchant à optimiser leurs coûts.

Impact sur le tourisme

Les séries boostent le tourisme. Après la diffusion d’un épisode d’Emily in Paris tourné à Villefranche-sur-Mer, la commune a connu une arrivée massive de touristes américains. Selon une étude du CNC, 80 % des touristes étrangers exposés à des fictions françaises déclarent qu’elles leur ont donné envie de venir en France, et un sur dix a concrétisé ce souhait. Des offres touristiques dédiées émergent, comme des circuits de tournage ou des expériences immersives. Cependant, cette affluence pose des défis : certaines villes, comme Étretat avec Lupin, doivent gérer les flux pour protéger les sites fragiles.

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En conclusion, la Côte d’Azur s’affirme comme un pôle cinématographique incontournable, alliant cadre exceptionnel, soutien logistique et retombées économiques significatives. Les autorités locales anticipent désormais les effets du « blockbuster » pour préserver l’intégrité des paysages qui font le succès de la région.