Une salle des mariages transformée en salle de réception
Dans l'ex-salle des mariages, agrandie au rez-de-chaussée de l'hôtel de ville pour devenir la salle de réception, la maire Isabelle Farnet-Risso découvre les dernières évolutions du chantier. Élue pour la première fois en mars 2026, elle fait partie des six nouveaux maires du Golfe de Saint-Tropez que Var-Matin suit dans une série consacrée à leur quotidien.
Un héritage municipal complexe
La nouvelle maire de Cogolin affronte un certain nombre de dossiers depuis qu'elle a investi l'hôtel de ville, lequel est en phase de réhabilitation. Sans les complications, les travaux auraient dû être livrés en mars. En urgence, l'élue a signé les derniers documents pour le dépôt d'un permis modificatif. « On prend le chantier en cours, il y a certaines choses qui ne nous semblent pas logiques », explique-t-elle.
Des incohérences de conception
La rampe d'accès, par exemple, prenait trop de place sur le parvis ; la configuration a été revue en tenant compte de l'environnement immédiat de la place. Une visite du chantier a révélé d'autres « incohérences », comme l'absence d'accès PMR pour les étages, alors qu'un monte-charge avait été envisagé initialement à la place de l'escalier de secours. « Comment a été pensée la rénovation des lieux ? », s'interroge l'édile. « La porte d'entrée s'ouvrait sur les escaliers du parvis », mime le nouveau directeur des services techniques (DST), Gilles Moreau. « Il n'y a pas eu de suivi du chantier », regrette l'adjoint aux travaux, Nicolas Patacchini. « Avec le recul de la porte, on a économisé 35 000 euros pour un impact de 25 cm ». Idem avec la suppression d'un vitrage coupe-feu autour de l'escalier.
Un coût revu à la hausse
Le coût définitif du chantier s'élève à 2,9 millions d'euros, contre une estimation initiale de 2,138 millions, partage le DST. « En sachant qu'on a réalisé de sacrées économies ! », souffle la maire. Une multitude de détails font « lever les yeux au ciel » à une maire étonnée par l'absence de placards. Rien n'a été organisé pour l'ameublement. « Ce ne sera pas la folie des grandeurs », prévient-elle, confiant au conseiller André Thiriot le soin d'échanger avec les agents pour un mobilier adapté. Clou de la visite : dans les combles, le bureau du maire avec toit terrasse voulu par son prédécesseur, mais avec un mur comme horizon. « Je ne me voyais pas m'installer là », confie l'édile, qui a préféré un bureau plus pratique au cœur de la mairie. Tout est engagé pour que les clés soient remises mi-juillet, avant un aménagement courant septembre.
Une maire coach sportive
Ce matin-là, Isabelle Farnet avait d'abord revêtu ses habits de coach sportive pour une séance de cardio-step au club de Ramatuelle. Après 20 ans de présence à Cogolin, elle a dû renoncer à ses cours. « Un déchirement. Je pensais pouvoir continuer mais c'est une fonction non-stop », admet l'élue. « Je continue à entraîner à Ramatuelle car je peux être remplacée. C'est une soupape, ça fait du bien ». Maire et coach : même combativité. « Je n'ai pas changé dans ma façon d'être », assure-t-elle.
Des défis immenses pour répondre à l'espoir suscité
Les défis sont immenses pour répondre à l'espoir suscité par son élection. Elle l'avait laissé poindre lors du dernier conseil : « Il y a beaucoup de boulot, mais c'est intéressant. Je sais pourquoi je suis là ». Plongée dans ce quotidien de service public entre une réunion préparatoire à Port-Cogolin et un point sur l'école Chabaud. « Heureusement, j'ai des compétences à chaque poste. Les adjoints remplissent leur travail, avec un débriefing chaque semaine », révèle-t-elle.
Préserver l'osmose d'équipe
Récemment, elle a organisé une journée de cohésion avec ses colistiers, entre session de travail et randonnée. « J'avais besoin après l'élection de rassembler le groupe. Il y a eu le temps de la campagne dans l'excitation. Je veux garder cette osmose ». Elle ne souhaite pas vendre du rêve aux Cogolinois : « Je n'ai pas de baguette magique et on ne va pas tout faire en trois mois », pose l'édile. Au contact des habitants, elle perçoit une « impatience ». Il lui faut un an, évalue-t-elle, pour poser les bases de tout le mandat « et remettre les choses dans un bon ordre de fonctionnement ». Comme durant sa campagne, elle ne veut pas de promesses sans réponse claire : « Je disais à mes colistiers : “ Concrètement, comment fait-on ? ” ».
Renouer le dialogue avec les institutions
Elle a aussi renoué le fil de la discussion avec les collectivités qui avaient pu prendre leurs distances avec Cogolin. « Il y avait une cassure avec les institutions, mais elles ont envie de nous aider », se réjouit-elle après de premiers contacts.
Un œil sur l'urbanisme
Chaque semaine, elle se retrouve avec les agentes du service urbanisme. Isabelle Farnet-Risso a souhaité conserver la prérogative sur ces dossiers sensibles, « vu le contexte passé à Cogolin. C'était important d'avoir la main sur l'urbanisme ». La pile est conséquente : « on passe trois heures ensemble ». Du sujet le plus mince au plus étoffé : du schéma arrêté pour recenser les bornes incendies, à un dossier de permis à revoir en raison d'une grande différence de surface, des courriers de notaires avides de renseignements, à la demande de mise sous surveillance par la SAFER de 13 parcelles agricoles pour éviter tout détournement lors de mutations. Avec le nouveau PLU adopté en mars, il y a plus de matière à traiter. Dans l'approche aussi : « j'ai demandé plus de visites sur les chantiers », informe la maire. Avec les fortes chaleurs, « on reçoit aussi beaucoup de demandes pour l'installation de climatiseurs », un volet régi par un nouveau décret du 1er mars 2026 [N°2026-117] qui détaille les conditions à respecter. Là encore, la maire insuffle sa conception de la politique municipale : « Je lis tous les courriers et je demande une réponse systématique, et pas que pour l'urbanisme. C'est important que les citoyens n'aient pas l'impression qu'on les néglige. » Le renouveau à Cogolin passe par cette étape.



