Chômage : pas de revalorisation au 1er juillet, une première en 10 ans
Chômage : pas de revalorisation au 1er juillet, une première

Pour la première fois en dix ans, les allocations chômage ne seront pas revalorisées au 1er juillet 2026. Cette décision, confirmée par le ministère du Travail, marque une rupture avec la tradition d'augmentation annuelle des indemnités versées aux demandeurs d'emploi.

Une décision inédite depuis 2016

Depuis 2016, les allocations chômage étaient revalorisées chaque année au 1er juillet, en fonction de l'évolution des prix à la consommation. Cette année, le gouvernement a choisi de ne pas appliquer cette règle, invoquant la nécessité de maîtriser les dépenses publiques dans un contexte budgétaire tendu. Selon le ministère, cette mesure permettrait d'économiser environ 400 millions d'euros sur l'année.

Les syndicats, unanimes, dénoncent une « attaque sans précédent contre les droits des chômeurs ». Pour Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, « c'est une décision injuste qui pénalise les plus vulnérables, alors que l'inflation reste élevée ». De son côté, Philippe Martinez (CGT) a qualifié cette mesure de « coup de poignard dans le dos des privés d'emploi ».

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Un contexte de tensions budgétaires

Cette non-revalorisation s'inscrit dans un plan plus large d'économies, alors que le déficit de l'Unédic, qui gère l'assurance chômage, devrait atteindre 5 milliards d'euros fin 2026. Le gouvernement prévoit également de durcir les conditions d'indemnisation à partir de 2027, avec un possible allongement de la durée de cotisation requise.

Pour les demandeurs d'emploi, cette décision se traduit par une perte de pouvoir d'achat. Selon les calculs de l'Unédic, une personne percevant 1 200 euros d'allocation mensuelle aurait dû bénéficier d'une augmentation d'environ 20 euros par mois. Sur un an, cela représente 240 euros de moins pour les chômeurs.

Les réactions politiques

À gauche, les critiques sont vives. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) a dénoncé « un choix politique scandaleux qui aggrave la précarité ». De son côté, Marine Le Pen (Rassemblement national) a estimé que « le gouvernement préfère faire payer les chômeurs plutôt que de s'attaquer aux vrais problèmes de l'économie ».

Le gouvernement, lui, se défend en affirmant que cette mesure est nécessaire pour « préserver l'équilibre financier du système » et qu'elle s'accompagne d'autres dispositifs d'aide aux plus démunis, comme la revalorisation du RSA prévue en septembre.

Un précédent inquiétant pour les syndicats

Les syndicats redoutent que cette décision ne fasse jurisprudence. « Si le gouvernement peut suspendre la revalorisation une fois, rien ne l'empêchera de le faire à nouveau les années suivantes », s'inquiète un représentant de Force ouvrière. Ils appellent à une mobilisation nationale le 15 juillet pour exiger le rétablissement de la revalorisation.

En attendant, les demandeurs d'emploi devront se contenter de leurs allocations actuelles, sans augmentation, pour la première fois depuis 2016.

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