L'ancien abbé du célèbre monastère Shaolin, Shi Yongxin, a été condamné ce vendredi à vingt-quatre ans de prison par un tribunal chinois pour corruption et abus de pouvoir. Cette affaire secoue le monde bouddhiste et met en lumière les dérives financières au sein d'institutions religieuses pourtant vénérées.
Une peine lourde pour un abbé influent
Le tribunal intermédiaire de Zhengzhou, dans la province du Henan, a reconnu Shi Yongxin coupable de détournement de fonds, d'abus de pouvoir et d'appropriation illégale de biens. Selon l'accusation, l'abbé aurait détourné plus de 300 millions de yuans (environ 38 millions d'euros) provenant de dons et de recettes touristiques du monastère. Il aurait également utilisé sa position pour favoriser des proches et des entreprises privées.
Shi Yongxin, âgé de 61 ans, était à la tête du monastère Shaolin depuis 1999. Sous sa direction, le monastère est devenu une marque mondiale, avec des franchises d'écoles de kung-fu et des partenariats commerciaux. Cependant, cette expansion a suscité des critiques sur la commercialisation excessive du bouddhisme.
Les réactions et implications
Cette condamnation intervient dans le cadre d'une campagne anti-corruption menée par le Parti communiste chinois, qui vise également les institutions religieuses. Le verdict a été salué par certains comme un signe de la volonté de Pékin de lutter contre la corruption, mais d'autres y voient une instrumentalisation politique pour contrôler les organisations religieuses.
Le monastère Shaolin, situé dans la province du Henan, est un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et attire des millions de visiteurs chaque année. L'affaire pourrait avoir un impact sur sa réputation et sa gestion future. Les autorités ont déjà nommé un administrateur provisoire pour superviser les affaires du monastère.
Shi Yongxin a annoncé son intention de faire appel. Son avocat a dénoncé un procès inéquitable et a affirmé que son client était victime de pressions politiques. La communauté bouddhiste reste divisée, certains moines exprimant leur soutien à l'ancien abbé, tandis que d'autres espèrent un renouveau spirituel.



