Un projet en péril
Le projet de char du futur, censé remplacer les Leclerc français et les Leopard 2 allemands, est aujourd'hui dans une impasse. Après l'échec retentissant du Système de Combat Aérien du Futur (SCAF), les regards se tournent vers ce programme terrestre, lui aussi menacé par les divergences entre Paris et Berlin.
Des intérêts divergents
Les deux pays peinent à s'accorder sur les spécifications techniques et le partage industriel. La France, avec Nexter (KNDS), et l'Allemagne, via Rheinmetall et KMW, ont des visions différentes du futur char. Berlin privilégie un véhicule lourdement blindé, tandis que Paris mise sur la mobilité et la connectivité.
Un calendrier serré
Le programme, lancé en 2017, devait aboutir à un prototype en 2024 et une mise en service en 2035. Mais les retards s'accumulent. Les ministres de la Défense des deux pays ont récemment évoqué un «réexamen» du projet, sans donner de nouvelles échéances.
Des conséquences industrielles
L'échec du SCAF a déjà fragilisé la coopération. Les industriels, comme Dassault Aviation et Airbus, ont vu leurs parts de marché menacées. Pour le char du futur, les enjeux sont similaires. KNDS, le groupe franco-allemand né de la fusion de Nexter et KMW, est directement concerné. Une rupture du projet pourrait affaiblir la base industrielle de défense européenne.
Un besoin de volonté politique
Les experts estiment que seuls un engagement politique fort et des compromis industriels permettront de sauver le programme. La France et l'Allemagne doivent surmonter leurs différences pour préserver la souveraineté européenne en matière de défense terrestre. Sans cela, le char du futur risque de rejoindre le SCAF au rang des ambitions avortées.
Le prochain sommet franco-allemand, prévu en juillet, sera crucial. Les décisions qui y seront prises détermineront l'avenir de la coopération militaire entre les deux pays et, plus largement, de l'Europe de la défense.



