Chaleurs extrêmes : avancées insuffisantes dans les entreprises du sud de l'Europe
Chaleurs extrêmes : entreprises du sud de l'Europe peu préparées

Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient dans le sud de l'Europe, une étude publiée le 6 juillet 2026 par l'Institut européen pour le climat et l'énergie révèle que les entreprises de la région ont réalisé des avancées notables dans l'adaptation à ces conditions, mais que celles-ci restent largement insuffisantes. Selon le rapport, seules 34% des entreprises interrogées dans six pays (Espagne, Italie, Grèce, Portugal, Malte et Chypre) disposent d'un plan complet de gestion des risques liés à la chaleur, contre 22% en 2023.

Des mesures concrètes mais dispersées

Parmi les entreprises ayant pris des mesures, 58% ont installé des systèmes de climatisation ou de ventilation améliorés, 41% ont modifié les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes, et 29% ont mis en place des pauses supplémentaires pour les employés. Cependant, seulement 12% ont investi dans des infrastructures de refroidissement passif, comme des toits végétalisés ou des matériaux réfléchissants. Maria Santos, directrice de l'Institut, souligne : « Les entreprises réagissent, mais souvent de manière réactive plutôt que proactive. Les investissements dans des solutions durables restent marginaux. »

Des disparités sectorielles marquées

Le secteur de la construction est le plus exposé, avec 76% des entreprises déclarant avoir subi des pertes de productivité liées à la chaleur en 2025. En revanche, le secteur des services financiers est mieux préparé, avec 62% des entreprises disposant de plans d'urgence. Le rapport note également que les petites et moyennes entreprises (PME) sont particulièrement vulnérables : seules 18% d'entre elles ont un plan de gestion des risques, contre 52% pour les grandes entreprises.

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Un impact économique croissant

L'étude estime que les vagues de chaleur ont coûté aux entreprises du sud de l'Europe environ 12,5 milliards d'euros en 2025, principalement en raison de la baisse de productivité et des arrêts de travail. Ce chiffre pourrait atteindre 20 milliards d'euros d'ici 2030 si aucune mesure supplémentaire n'est prise. Le rapport recommande notamment l'adoption de normes obligatoires pour la protection des travailleurs en cas de chaleur extrême, ainsi que des incitations fiscales pour les investissements dans des infrastructures résilientes.

Des initiatives nationales en cours

Plusieurs pays ont déjà lancé des programmes. L'Espagne a adopté en 2025 une loi obligeant les entreprises à fournir de l'eau fraîche et des zones ombragées aux travailleurs en extérieur lorsque les températures dépassent 35°C. L'Italie a mis en place un fonds de 500 millions d'euros pour aider les PME à s'adapter. Toutefois, la coordination au niveau européen reste faible, et les experts appellent à une stratégie commune.

En conclusion, si les entreprises du sud de l'Europe commencent à prendre conscience des risques liés aux chaleurs extrêmes, les efforts actuels sont jugés insuffisants face à l'accélération du changement climatique. L'étude insiste sur la nécessité d'une action collective et anticipative pour éviter des conséquences économiques et humaines graves.

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