Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a annoncé samedi que le groupe maintiendrait le plafonnement des prix des carburants dans ses stations-service en France « tant que le conflit durera » au Moyen-Orient. Ce dispositif, qui limite le prix de l’essence à 1,99 euro le litre et celui du gazole à un peu plus de 1,20 euro le litre, vise à protéger les automobilistes face à la hausse des cours. Cependant, M. Pouyanné a menacé de mettre fin à cette mesure si l’État décidait d’instaurer une nouvelle taxe sur les superprofits.
Un dispositif maintenu malgré un coût élevé pour le groupe
Interrogé par les journalistes de France Inter, Le Monde et France Télévisions sur la poursuite de ce dispositif, le PDG a répondu : « Oui, je l’ai dit, tant que le conflit durera, nous continuerons à assurer cette protection ». Il a toutefois reconnu que cette mesure coûte de l’argent à l’entreprise. « J’avais dit 200 millions fin juin […], là on doit être à 250-300 millions » d’euros, a-t-il estimé.
Malgré ce coût, M. Pouyanné a admis que la part de marché du groupe avait « un tout petit peu » augmenté. « La vérité c’est que les Français viennent chez nous, il y a des queues, et cetera. Donc on doit avoir 25 %, là où on en a 22 normalement », a-t-il expliqué. Mais, a-t-il ajouté, « c’est pas un gain pour nous parce que […] comme on facture (l’essence, NDLR) moins que le prix international, il y a un coût ».
Une menace claire en cas de taxation des superprofits
Interrogé sur l’éventualité d’une taxe sur les superprofits des groupes énergétiques, réclamée par certains pays européens, le dirigeant a éludé : « J’en sais rien, on verra ». Il a toutefois réaffirmé sa position : « je l’ai dit clairement : si quelque part il y a une taxation, on en tirera les leçons et il n’y aura plus jamais de plafonnement chez TotalEnergies ».
M. Pouyanné a en revanche indiqué que son groupe devrait payer la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui pourrait être reconduite dans le projet de budget 2027. « TotalEnergies en 2026 va payer l’impôt sur les sociétés puisque, à cause du détroit d’Ormuz, on fait des profits, y compris en France. Donc nous allons payer l’impôt sur les sociétés et donc on payera les taxes », a-t-il expliqué, tout en jugeant que « la surtaxe, c’est pas une très bonne idée ». Elle représentera pour le groupe « probablement plusieurs centaines de millions d’euros », a-t-il précisé.
Le gouvernement veut rouvrir les discussions
De son côté, le ministre de l’Économie, Sébastien Lecornu, a jugé samedi dans une interview au Parisien que « reproduire cette surtaxe à l’identique enverrait un très mauvais signal aux investisseurs internationaux ». « Je vais donc rouvrir les discussions avec tout le monde », a-t-il déclaré, précisant que cette surtaxe, qui « était un impôt exceptionnel […], doit […] rester exceptionnel ».
Au 29 août, tous les carburants en France restaient au-dessus de 2 euros le litre, avec 2,035 euros pour le SP95-E10, 2,219 euros pour le gazole et 2,129 euros pour le SP98, selon une moyenne calculée par l’AFP sur la base de données gouvernementales. Le plafonnement de TotalEnergies, maintenu cet été à 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,25 euros pour le diesel, notamment dans les zones rurales et sur les autoroutes, pourrait donc être remis en cause si une nouvelle taxe était adoptée.



