Alors que la canicule frappe la France, les professionnels du bâtiment, réunis jusqu'à vendredi au parc Chanot à Marseille pour les Rencontres des métiers du bâtiment de la Capeb, attendent des annonces du ministre du logement. Le projet de loi « relance logement », présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres, est au cœur de leurs préoccupations. La filière, déjà éprouvée par la crise économique et le ralentissement de l'activité, subit de plein fouet les turbulences climatiques.
Les monogestes : un point de friction majeur
« Nous espérons convaincre le gouvernement de revisiter sa position concernant les monogestes, sans quoi 300 millions d'euros seront gelés à la rentrée de septembre », a annoncé Jean-Christophe Repon, président national de la Capeb. Cette méthode de rénovation énergétique consiste à améliorer un logement par étapes, après un diagnostic, plutôt que de proposer un bloc de travaux. Selon lui, l'artisan doit avant tout conseiller pour anticiper et donc aller sur le geste. « Nous sommes heureux que d'autres fédérations nous rejoignent sur le sujet. Nous faisons par exemple partie de l'équipe de France de l'électrification, mais plutôt que de vendre un produit, comme une pompe à chaleur, nous préférons d'abord isoler, puis ventiler et proposer un financement aussi. »
Un prêt dédié pour faciliter la rénovation
La Capeb annonce avec son partenaire Sofinco un prêt dédié, permettant à cette filiale du Crédit Agricole mandatée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah) de payer directement l'artisan, moyennant un taux de 4,90 % consenti au particulier. « Nous annonçons d'ailleurs avec notre partenaire Sofinco cette semaine un prêt dédié », ajoute Jean-Christophe Repon.
La certification RGE en question
Autre demande de la Capeb : pouvoir faire valider a posteriori des travaux de rénovation énergétique par des organismes de contrôle comme Qualibat, réalisés par des entreprises qui ne seraient pas certifiées RGE (reconnu garant de l'environnement). « En France, seulement 54 000 entreprises sont agréées pour bénéficier des fonds Ma Prim' Renov sur un total de 570 000 sociétés du bâtiment. Nous demandons que davantage puissent accéder à cette enveloppe de 3,2 milliards d'euros en étant certifiées au bout de plusieurs chantiers conformes, en validation des acquis de l'expérience, comme cela se fait pour le Consuel en électricité. »
Les aléas climatiques : un impact économique significatif
La Capeb a fait réaliser une étude montrant les impacts des aléas climatiques sur les activités de ses adhérents. 91 % des 2 200 répondants citent la chaleur comme l'aléa le plus frappant. Pour 54 %, les aléas ne se traduisent pas par une hausse de la demande, mais 62 % des dirigeants considèrent que cela crée de la désorganisation et du stress. Pour 55 %, cela entraîne des horaires décalés, 58 % anticipent des détériorations de matériaux, et le panel estime à 2 % la perte de chiffre d'affaires occasionnée par les aléas climatiques en 2025.



