Le 17 mai dernier, lors du traditionnel brunch des producteurs organisé par Canal+ sur la Croisette, l'ambiance était lourde. Le festival de Cannes, plus politisé que jamais, a été le théâtre d'une déclaration choc de Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+. Visiblement exaspéré, il a pris la parole devant une série d'invités très influents pour dénoncer ce qu'il considère comme une attaque inacceptable contre son groupe.
Une réponse cinglante aux critiques
« Je suis fatigué d’avoir à répéter que Canal+ soutient l’ensemble du cinéma et sa diversité », a lancé Saada au micro. Il a ensuite évoqué directement les signataires d’une tribune publiée quelques jours plus tôt par Libération, où Canal+ était qualifié de « crypto-fasciste ». « Si certains en viennent à qualifier Canal+ de crypto-fasciste, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux, la limite est là », a-t-il poursuivi, marquant une rupture nette.
Un conflit latent avec le milieu du cinéma
Cette sortie intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Canal+ et une partie du secteur cinématographique français. Le groupe, pourtant l'un des principaux financeurs du cinéma hexagonal via ses obligations d'investissement, se voit régulièrement critiqué pour ses choix éditoriaux et son modèle économique. La tribune de Libération, signée par plusieurs personnalités du cinéma, a visiblement fait déborder le vase.
Saada n'a pas précisé quelles seraient les conséquences concrètes de cette déclaration, mais il a clairement signifié que Canal+ ne continuerait pas à financer des œuvres ou à collaborer avec des personnes qui portent de telles accusations. Selon des sources proches du groupe, cette décision pourrait affecter plusieurs projets en développement, bien qu'aucun chiffre officiel n'ait été communiqué.
L'impact sur le financement du cinéma
Canal+ est un acteur majeur du financement du cinéma en France. En 2023, le groupe a investi plus de 200 millions d'euros dans la production cinématographique, selon des données du CNC. Cette menace de retrait pourrait donc avoir des répercussions significatives sur l'industrie, déjà fragilisée par la crise post-Covid et la concurrence des plateformes de streaming. Les producteurs présents au brunch ont accueilli les propos de Saada avec un mélange d'inquiétude et de compréhension, certains estimant que la polémique était allée trop loin.
Une politisation croissante du Festival de Cannes
Le Festival de Cannes 2024 a été marqué par une forte politisation, avec de nombreuses prises de position sur des sujets comme la guerre en Ukraine, les droits des femmes ou la liberté d'expression. Dans ce climat, la tribune de Libération s'inscrivait dans une série d'attaques contre des groupes médiatiques jugés trop proches du pouvoir ou de l'extrême droite. Canal+, détenu par le groupe Vivendi, est régulièrement la cible de critiques de la part de milieux culturels et politiques.
Maxime Saada a conclu son intervention en réaffirmant l'engagement de Canal+ pour le cinéma, mais à condition que le respect soit mutuel. « Nous continuerons à soutenir le cinéma, mais pas avec ceux qui nous insultent », a-t-il déclaré, sous les applaudissements d'une partie de l'assistance.



