Plainte en France contre Doumbouya pour disparition forcée d'opposants
Plainte en France contre Doumbouya pour disparition forcée

Le président guinéen Mamadi Doumbouya fait l'objet d'une nouvelle plainte en France, déposée le 9 juillet 2026 auprès du pôle crimes contre l'humanité du tribunal de Paris. Cette plainte, révélée par l'avocat des familles, Me William Bourdon, vise des faits de disparition forcée de trois opposants politiques guinéens.

Les trois opposants portés disparus

Les trois hommes, membres de l'opposition au régime de Doumbouya, ont disparu entre 2023 et 2025 selon les plaignants. Il s'agit de Mamadou Billo Bah, ancien ministre de l'Énergie sous Alpha Condé, de Oumar Sylla, activiste politique, et de Thierno Mamadou Diallo, journaliste d'investigation. Leurs familles n'ont eu aucune nouvelle depuis leur arrestation par des hommes en tenue militaire, selon les témoignages recueillis par l'avocat.

Une plainte fondée sur la compétence universelle

La plainte s'appuie sur la compétence universelle de la justice française pour les crimes contre l'humanité, principe permettant de poursuivre les auteurs présumés de tels crimes quel que soit le lieu où ils ont été commis. Me Bourdon a déclaré : "Nous avons des éléments convergents qui montrent que ces disparitions sont le fait d'unités militaires sous le contrôle direct du président Doumbouya. La France, en tant que signataire de la Convention contre la torture, se doit d'enquêter."

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Un précédent de 2024

Ce n'est pas la première fois que Mamadi Doumbouya est visé par une plainte en France. En 2024, une première plainte pour crimes contre l'humanité avait été déposée après la répression meurtrière de manifestations en 2022, qui avait fait au moins 50 morts selon l'ONU. Cette nouvelle plainte élargit le champ des accusations, incluant des disparitions forcées qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité selon le droit international.

Les réactions du gouvernement guinéen

Le gouvernement guinéen a réagi par un communiqué du ministère de la Justice, dénonçant "une instrumentalisation de la justice française à des fins politiques". Il affirme que le président Doumbouya jouit de l'immunité en tant que chef d'État en exercice et que les accusations sont "infondées". Cependant, la justice française pourrait considérer que les crimes contre l'humanité ne relèvent pas de l'immunité, comme l'a rappelé la Cour de cassation dans des affaires antérieures.

Impact politique et diplomatique

Cette plainte intervient dans un contexte de tensions entre la Guinée et la France. Depuis le coup d'État de septembre 2021, Doumbouya a multiplié les critiques contre l'ancienne puissance coloniale, tout en maintenant des relations diplomatiques officielles. L'opposition guinéenne en exil, notamment le Front national pour la défense de la constitution (FNDC), a salué la plainte, y voyant "un espoir de justice pour les victimes".

La plainte pourrait avoir des conséquences sur les déplacements du président guinéen, qui risquerait une interpellation s'il se rend en France. Cependant, aucun mandat d'arrêt n'a été émis à ce stade. L'enquête préliminaire confiée à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH) devra déterminer s'il y a lieu d'ouvrir une information judiciaire.

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