Dans le cadre de l'élaboration du budget 2026, la question des aides publiques aux entreprises refait surface. François Ecalle, fondateur du cabinet Fipeco et ancien magistrat à la Cour des comptes, estime que des économies significatives sont possibles, sans pour autant compromettre la compétitivité des entreprises. Auditionné par le Sénat dans le cadre d'un rapport sur les aides publiques rendu en juillet, il apporte un éclairage sur les marges de manœuvre.
Un potentiel d'économies de quelques milliards
Interrogé sur la possibilité de réaliser des économies sur ces aides, François Ecalle répond par l'affirmative. Il précise que ces aides sont de nature très variée et qu'il convient de les examiner par grandes catégories pour déterminer lesquelles pourraient être réduites et lesquelles doivent être maintenues. Selon lui, on peut envisager de gagner quelques milliards d'euros, mais cela ne suffira pas à résoudre l'ensemble du problème des finances publiques. L'effort total nécessaire pour stabiliser la dette est en effet estimé entre 100 et 150 milliards d'euros.
Des économies à réaliser sans alourdir la fiscalité des entreprises
François Ecalle souligne que ces économies ne doivent pas se faire au détriment de la compétitivité des entreprises. Il recommande d'éviter des hausses d'impôts ou de cotisations qui pèseraient trop sur elles. Les allégements de cotisations sociales et les dépenses fiscales, comme le crédit d'impôt recherche, pourraient être recentrés, mais sans excès. Il rappelle que ces économies équivalent en réalité à des hausses de prélèvements obligatoires, et qu'il faut donc agir avec prudence.
Un problème de transparence et d'efficacité
Les critiques sur les aides publiques aux entreprises sont justifiées, selon l'expert. Au-delà des grands dispositifs, il existe une multitude de petites aides qui profitent à un nombre restreint d'entreprises, sans que leur liste soit même connue. Cela résulte d'un manque de coordination entre les différents organismes gestionnaires, y compris au sein de l'État. Ce manque de transparence et d'efficacité est un vrai problème. Si la suppression de ces petites aides pourrait améliorer la gestion, leur impact financier reste limité, car elles ne représentent pas des coûts très élevés.
En conclusion, François Ecalle invite à une réflexion mesurée : quelques milliards d'euros d'économies sont possibles, mais cela ne doit pas occulter l'ampleur de l'effort nécessaire pour redresser les comptes publics. La priorité est de stabiliser la dette, tout en préservant la compétitivité des entreprises.



