Le constructeur automobile allemand BMW, longtemps considéré comme le leader incontesté du segment premium, a annoncé une chute de 30% de son bénéfice net au deuxième trimestre 2026, à 1,2 milliard d'euros. Cette contre-performance, révélée dans un communiqué ce mercredi, marque un tournant pour le groupe bavarois, qui subit de plein fouet la concurrence des constructeurs chinois et un essoufflement de la demande pour les véhicules électriques en Europe.
Un bénéfice en chute libre
Le bénéfice net de BMW pour la période avril-juin s'élève à 1,2 milliard d'euros, contre 1,7 milliard un an plus tôt. Le chiffre d'affaires a reculé de 5%, à 37,5 milliards d'euros. Les marges bénéficiaires dans le secteur automobile ont diminué de 8,5% à 6,2%, un niveau inquiétant pour une marque qui visait 8% à 10%.
« Nous traversons une phase de transition difficile, mais nous restons confiants dans notre stratégie à long terme », a déclaré Oliver Zipse, PDG de BMW, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes. « La concurrence est féroce, notamment en provenance de Chine, où les marques locales gagnent rapidement des parts de marché. »
La menace chinoise
En Chine, premier marché mondial, les ventes de BMW ont chuté de 12% au premier semestre, à 380 000 unités. Les constructeurs locaux comme BYD, Nio ou Xpeng proposent des véhicules électriques plus abordables et technologiquement avancés, captant une clientèle aisée auparavant fidèle aux marques allemandes.
« BMW doit accélérer son électrification et réduire ses coûts », estime Stefan Bratzel, analyste au Center of Automotive Management. « Le modèle premium est remis en cause par des concurrents qui offrent un rapport qualité-prix imbattable. »
Transition électrique compliquée
Les ventes mondiales de véhicules électriques de BMW n'ont progressé que de 3% au deuxième trimestre, à 110 000 unités, bien en deçà des objectifs. Les modèles comme la i4 ou la iX peinent à séduire face aux offres de Tesla ou des marques chinoises. En Europe, la fin des subventions dans plusieurs pays a également freiné la demande.
BMW a revu à la baisse ses prévisions pour 2026, tablant désormais sur une marge bénéficiaire comprise entre 6% et 7%, contre 8% à 10% initialement. Le groupe prévoit d'investir 2 milliards d'euros supplémentaires dans les batteries et les logiciels d'ici 2028.
Impact sur l'emploi et l'industrie
Cette annonce a fait chuter l'action BMW de 5% à la Bourse de Francfort. Le syndicat IG Metall a exprimé son inquiétude pour les 120 000 employés du groupe en Allemagne. « Nous exigeons des garanties sur l'emploi et une stratégie claire pour l'électrique », a déclaré un porte-parole.
L'ensemble de l'industrie automobile allemande est sous pression. Volkswagen et Mercedes-Benz ont déjà publié des résultats en baisse. BMW, dernier des trois à résister, tombe à son tour, symbole d'un secteur en pleine mutation.



