Beauval renonce à accueillir les dauphins de Marineland
Beauval renonce aux dauphins de Marineland

Le ZooParc de Beauval ne construira finalement pas son centre d'accueil pour les dauphins de Marineland. Le directeur général du parc, Rodolphe Delord, a annoncé mardi à l'AFP qu'il renonçait à ce projet. En cause : un coût de chantier revu à la hausse, des recours juridiques et un manque d'engagement de l'État.

Un projet abandonné face aux incertitudes

Dans son annonce, M. Delord a justifié sa décision par plusieurs facteurs. Le coût du chantier est désormais estimé à 45 millions d'euros, contre 25 à 30 millions initialement prévus. À cela s'ajoutent les recours juridiques engagés contre le projet et l'absence d'engagement du gouvernement.

« Les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd'hui sur le projet ne nous permettent pas de le mener dans des conditions acceptables », a déclaré Rodolphe Delord. Il a également évoqué « le refus du gouvernement qu'une partie du financement puisse bénéficier d'une garantie de l'État ».

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Un projet imaginé à la demande du gouvernement

Le projet, décrit comme « hors norme » et imaginé « à la demande du gouvernement et de certaines associations », avait été présenté il y a un an comme une solution viable pour les dauphins du Marineland d'Antibes. Le parc a fermé ses portes en janvier 2025, laissant le sort des cétacés incertain.

La structure devait s'étendre sur deux hectares et demi et comprendre une dizaine de bassins, dont trois immenses lagons. Elle aurait également servi de centre d'études, de recherche scientifique et de sauvegarde des dauphins.

Quel avenir pour les dauphins ?

« Nous avions prévu d'accueillir environ 25 dauphins », a rappelé Rodolphe Delord à l'AFP. Ce chiffre incluait au moins huit des douze cétacés du Marineland d'Antibes et « onze de Planète Sauvage », un parc animalier situé près de Nantes.

Dès l'annonce du projet, une dizaine d'ONG, dont C'est Assez ! et One Voice, s'y étaient opposées. Elles avaient déposé plusieurs recours en justice et organisé des rassemblements, dénonçant la reproduction des cétacés en captivité et les transferts, qu'elles jugent contraires à la loi de 2021 sur le bien-être animal. D'autres, comme Sea Shepherd, avaient adopté une « approche pragmatique » en soutenant l'idée de Beauval, faute d'autre solution crédible.

« La reproduction d'un dauphin est limitée et contrôlée », s'est défendu Rodolphe Delord, estimant que « s'opposer ne suffit pas ».

Huit des douze dauphins du Marineland d'Antibes ont déjà été transférés en Espagne en juillet, dans un parc à Benalmádena, près de Malaga. Sans Beauval, les cétacés restants pourraient être envoyés en Asie, dans « des hôtels ou des parcs d'attractions », selon Rodolphe Delord. « Nous sommes vraiment inquiets pour leur avenir », a-t-il conclu. Le ZooParc de Beauval a accueilli deux millions de visiteurs et réalisé 113 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023.

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