En 2025, le nombre de bagages mal acheminés a bondi de 25% par rapport à l'année précédente, selon un rapport de SITA, spécialiste des technologies de transport aérien. Cette augmentation, qui porte à 7,6 millions le nombre de sacs perdus, retardés ou endommagés, a poussé les aéroports et les compagnies à accélérer le déploiement de solutions de traçage et de gestion.
Des causes multiples et une pression croissante
Plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence. La reprise du trafic post-Covid, avec un nombre record de 5,2 milliards de passagers en 2025, a mis les systèmes sous tension. Les correspondances serrées, les changements d'avion à la dernière minute et les erreurs humaines lors de l'enregistrement ou du chargement sont pointés du doigt. Selon un responsable de l'Association internationale du transport aérien (IATA), « la complexité des opérations aériennes modernes rend la gestion des bagages de plus en plus difficile ».
Les conséquences pour les voyageurs sont lourdes : retards, frais de remplacement, stress. En moyenne, un bagage perdu met 48 heures à être retrouvé, mais certains cas s'étendent sur plusieurs jours. Les compagnies aériennes ont versé plus de 3,5 milliards d'euros de compensations en 2025, un chiffre en hausse de 15%.
Des technologies de traçage en première ligne
Pour endiguer le phénomène, les aéroports investissent massivement dans des technologies de suivi. Le système RFID (identification par radiofréquence) se généralise : il permet de localiser un bagage à chaque étape du parcours, de l'enregistrement à la livraison. L'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle a ainsi équipé 90% de ses tapis de tri de capteurs RFID, réduisant de 30% les erreurs de routage en un an.
Les compagnies, de leur côté, déploient des applications mobiles de suivi en temps réel. « Le passager peut savoir où se trouve son sac à tout moment, ce qui réduit l'anxiété et facilite les réclamations », explique un porte-parole d'Air France. Des algorithmes d'intelligence artificielle sont également utilisés pour anticiper les congestions et optimiser les flux.
Des procédures renforcées et une meilleure coordination
Au-delà de la technologie, les procédures sont revues. Les compagnies aériennes imposent désormais des délais minimaux de correspondance plus longs dans les grands hubs. Les bagages enregistrés sont systématiquement scannés à chaque étape, et les équipes au sol reçoivent des formations renforcées. Une charte de qualité signée par 40 compagnies en 2026 fixe des objectifs de réduction des incidents de 20% d'ici 2028.
Les aéroports, quant à eux, améliorent la coordination avec les services douaniers et de sécurité. « La clé est une meilleure communication entre tous les acteurs », souligne un expert de SITA. Des centres de contrôle des bagages, centralisant les données en temps réel, ont été créés dans les plates-formes de Roissy, Amsterdam-Schiphol et Londres-Heathrow.
Un enjeu économique et de réputation
La bataille contre les bagages perdus est aussi un enjeu économique. Le coût total pour le secteur est estimé à 2,8 milliards d'euros en 2025, incluant les indemnisations, la logistique de recherche et le personnel dédié. Pour les compagnies, la satisfaction client est cruciale : une mauvaise expérience peut entraîner une perte de clientèle. « Nous investissons dans la fiabilité car elle est directement liée à notre image de marque », confie un responsable de Lufthansa.
Les voyageurs, de leur côté, peuvent adopter des gestes simples : étiqueter leurs bagages, retirer les anciennes étiquettes, prendre une photo du contenu. Les experts recommandent aussi l'utilisation de traceurs Bluetooth, même si leur efficacité dépend de la proximité des smartphones.
Des perspectives encourageantes
Les premiers résultats des mesures mises en place sont encourageants. Au premier semestre 2026, le taux de bagages mal acheminés a baissé de 8% par rapport à la même période en 2025. Si la tendance se confirme, l'objectif de réduction de 50% d'ici 2030, fixé par l'IATA, pourrait être atteint. « La technologie et la coopération sont nos meilleures armes », conclut le rapport de SITA.



