Un animateur périscolaire de 28 ans a été condamné ce mercredi 10 juillet à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour des violences sexuelles commises sur quatre enfants âgés de 5 à 7 ans, dans le cadre de ses fonctions au sein d'une école élémentaire du 13e arrondissement.
Des faits répétés sur plusieurs mois
Les faits, qui se sont déroulés entre octobre 2022 et juin 2023, ont été révélés après le signalement d'une mère d'élève. L'enquête a mis en lumière des attouchements et des baisers imposés aux enfants, notamment lors des temps de garderie et de cantine. L'animateur, qui travaillait dans cette école depuis 2021, a reconnu les faits lors de sa garde à vue, évoquant un "besoin d'affection" déplacé.
Selon le parquet de Paris, "les victimes, toutes scolarisées en grande section de maternelle ou en CP, ont décrit des gestes inappropriés, comme des caresses sur les parties intimes ou des baisers sur la bouche". L'un des enfants a également rapporté que l'animateur lui avait demandé de ne rien dire à ses parents.
Une peine jugée trop clémente par les parties civiles
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé 18 mois de prison avec sursis. En complément, l'animateur a été inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) et interdiction lui a été faite d'exercer toute activité en contact avec des mineurs pendant cinq ans. Il devra également verser 1 500 euros de dommages et intérêts à chaque famille.
Les avocats des parties civiles ont exprimé leur déception. "Cette peine est un signal désastreux pour les victimes et pour la société. Elle ne reflète pas la gravité des actes commis sur des enfants si jeunes, dans un lieu censé être sécurisé", a déclaré Me Sophie Baret, avocate de deux des familles. De son côté, le parquet a estimé que la peine était "proportionnée aux faits et à la personnalité du prévenu, qui a reconnu les faits et présenté des excuses".
Un contexte de vigilance accrue dans les écoles
Cette affaire intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour des violences sexuelles en milieu scolaire. Selon le ministère de l'Éducation nationale, 1 200 signalements pour violences sexuelles ont été recensés dans les établissements scolaires en 2023, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2022. La ville de Paris a indiqué avoir renforcé les contrôles et les formations pour les personnels périscolaires depuis la révélation des faits.
L'animateur, qui n'avait aucun antécédent judiciaire, a été licencié par la mairie de Paris dès l'ouverture de l'enquête. Il a également suivi une thérapie, selon son avocat, Me Antoine Moreau. "Mon client a pris conscience de la gravité de ses actes et a entrepris un travail psychologique. Il ne représente plus un danger", a-t-il plaidé.
Les familles des victimes ont annoncé leur intention de se constituer partie civile dans le cadre d'une éventuelle procédure en appel. "Nous ne laisserons pas cette affaire se terminer ainsi. Ces enfants porteront les séquelles toute leur vie", a conclu Me Baret.



